« Blanquer m’a tuer » : une procession de deuil organisée par les enseignants contre les nouvelles initiatives prises par le Ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer.

À l’issue de l’oraison funèbre du 15 janvier 2020, les enseignants ont porté un cercueil de la place de la Comédie, jusqu’au rectorat. Leur objectif ? Montrer leur mécontentement face aux nouvelles initiatives prises par le Ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer. Ils étaient une bonne trentaine, à se soutenir les uns les autres, et à protester avec des pancartes aux écriteaux dénonciateurs évoquant le suicide, ou autres conséquences dû aux conditions de travail des enseignants.

Cet hostile cercueil noir porté jusqu’au rectorat, symbolise les faits de l’Éducation nationale, qui, selon le témoignage de l’enseignante Angeline : « enterre l’institution ». Le cercueil serait à l’image de l’Éducation, et des conditions de travail des employés déplorables enterrées, et non prises en considération : un moyen pour choquer et d’attirer l’attention des citoyens, pour faire entendre la parole de tous les professeurs.

« Quand on a des problèmes avec nos hiérarchies, on est souvent reçu avec mépris par nos supérieurs »

« Quand on a des problèmes avec nos hiérarchies, on est souvent reçu avec mépris par nos supérieurs » explique l’enseignante Angeline. Les dysfonctionnements répétitifs entre les enseignants, et ces « plus hauts gradés » s’invitent aussi au coeur de cette manifestation. « Ils estiment qu’on n’a pas à remettre en cause ce qui se passe dans la hiérarchie. Les recteurs ont reçu des primes d’augmentation, allant, pour certains, jusqu’à 50 000 euros. Cela rajoute cette opposition entre la base, nous les enseignants, et la hiérarchie, qui nous muselle. Du moins, c’est l’impression que ça nous donne.  » poursuit-elle.

Mais les raisons de cette procession de deuil ne s’arrêtent pas là. À défaut de se sentir réprimés par leurs supérieurs, les enseignants protestent contre l’École de la Confiance et la Rupture Conventionnelle.

Manifestation des enseignants à Montpellier (© Lila Brochier)

« On nous met de plus en plus la pression avec l’École de la Confiance » 

« On nous met de plus en plus la pression avec l’École de la Confiance » proclame Angeline. Cette loi, aussi appelée « Loi Blanquer », a été promulguée le 28 juillet 2019 par le ministère de l’Éducation. Cette dernière ne semble pas être acceptée par les enseignants ici présents. « On nous oblige à un devoir d’exemplarité, alors qu’il est déjà inscrit dans notre statut, » poursuit-elle. Rappelons que cette loi fait appel au devoir « d’exemplarité » des personnels de l’Éducation Nationale, visant au respect des élèves et de leur famille vis-à-vis d’eux et de leur institution scolaire. Un bon nombre d’enseignants auraient contesté ce sujet, car ils se verraient réduire leur liberté d’expression.

« La mise en place de la rupture conventionnelle nous crée aussi une pression supplémentaire. On dit qu’il y a comme un accord entre les deux parties pour la rupture conventionnelle, alors qu’en réalité, on peut très bien envisager que certains chefs d’établissements puissent mettre la pression sur des collègues, pour s’en débarrasser lorsqu’ils seront un peu trop remuants, » rajoute-t-elle.

« La manifestation… OK. Mais il faut passer à autre chose pour faire bouger les choses. »

Les professeurs ne sont pas prêts à s’arrêter là ! Ils envisageraient la mise en place d’actions aux portées plus conséquentes. Mais quelles autres actions ? Affaire à suivre …