L'Occitanie, c'est aussi la Région du fromage

Hier soir 26 septembre, les Gilets Jaunes du Lunellois se sont réunis sur leur rond-point Ambrussum, alors que les Français oscillaient entre tristesse, tristesse feinte, énervement, ou mépris face à l’annonce du décès de Jacques Chirac, et à l’avalanche d’hommages en tout genre qui voulait pousser très vite un homme dans l’Histoire, comme pour en oublier les sombres histoires.

10 mois et toujours motivés

« Nous les Gilets Jaunes du Lunellois, nous sommes là depuis 10 mois, et toujours aussi motivés. » Ambrussum, sur ce rond-point, leur rond-point, c’était une présence pour marquer presque un an de mobilisations, même si elles ont connu des hauts et des bas, ces Gilets Jaunes ont su créer des liens sur leur territoire. Aujourd’hui tous les groupes ne font plus qu’un, et les membres synchronisent leurs actions et leurs projets avec une identité : « Les Gilets Jaunes du pays de Lunel. »

Ambrussum, ancien oppidum gaulois situé sur la Voie Domitienne, tout un symbole pour montrer qu’ils sont toujours présents, et entamer certainement à leur façon un processus d’implication politique. Une transformation dans leur vie de citoyen qui les a amenés à faire du tractage, à participer à diverses manifestations, comme la convergence des luttes avec le climat, ou encore soutenir les enseignants, les syndicats, le CHU en grève, mais aussi faire exister leurs propres actions en portant le RIC, la mobilisation contre la privatisation d’ADP, et en dénonçant les violences policières.

Alors que « l’heure média » est aux anecdotes d’un Jacques Chirac intime où proches et journalistes se bousculent pour raconter leurs meilleurs souvenirs, « l’incohérence des réformes ministérielles prises ces derniers mois » laisse ces Gilets Jaunes inquiets, mais déterminés face à un gouvernement qui ne sait pas les entendre, expliquent-ils.

Selon Fabienne, présente hier soir : « c’est entre 150 et 300 personnes qui restent mobilisables sur le secteur, mais on peut compter sur une cinquantaine de membres actifs qui travaillent régulièrement ensemble. Et jeudi soir, nous étions un peu plus de trente Gilets Jaunes à venir sur le rond-point d’Ambrussum. » Cela peut paraître peu, mais lorsque l’on sait qu’un certain parti politique avec pignon sur rue, n’a guère plus d’une centaine de militants pour voter l’investiture de son candidat dans une grande ville du Gard, la force politique de ces Gilets Jaunes n’est qu’une question d’organisation, et de représentativité.

Pour Sabine comme pour Germain, et pour tout le groupe, l’actualité est la suivante  : « nous continuons à nous organiser avec les autres villes et diverses régions. Nous avons l’impression qu’ils se mettent en guerre contre le peuple vu l’importance des personnes blessées par les Forces de l’ordre, et le nombre exorbitant de gilets jaunes déférés devant les tribunaux, plutôt que de nous écouter, et de nous entendre afin de trouver une issue à ce mouvement social. Alors de fait, nous les gilets jaunes ne baisserons pas les bras. »

Reste à accepter que sans tête, un corps ne peut vivre longtemps. Sans tête, il est difficile de communiquer avec les autres, d’échanger, de polémiquer, de débattre, de convaincre, de se présenter. Le temps de trouver, et de conserver des représentants est peut-être venu. Hier dans le Lunellois, c’était la nuit jaune du 26 septembre pour un retour aux ronds-points, une opération nationale.

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