L’appel à manifestation de ce 13 avril à 14h00, Place de la Comédie à Montpellier sera peut-être le point de départ d’une nouvelle convergence des mobilisations et des luttes sociales.

Une union sacrée, mais aussi naturelle pour défendre un droit sacré : la liberté de manifester. À Montpellier syndicats, associations et partis politiques marquent un temps fort en choisissant de porter une manifestation commune, à l’heure et au lieu habituels du rendez-vous du mouvement des Gilets Jaunes qui en sera ce samedi 13 avril 2019 à son acte XXII.

Une convergence qui vient peut-être enrayer la communication de l’Élysée

Alors que le gouvernement a presque réussi une communication « pédagogique » et anesthésiante, avec 12 millions d’euros investis dans le Grand Débat, et une prise de parole présidentielle de 92 heures, alors que pataugent les experts et les garants du débat “humbles” remplaçants de Chantal Jouanno qui avait renoncé à sa mission le 8 janvier dernier, en raison du niveau de son salaire (14.709 € brut par mois), qui aurait pu nuire à la sérénité du débat, mais qui en filigrane avançait ses doutes face au silence de l’Élysée quant au respect des conclusions de ce débat, alors que lundi 8 avril vingt minutes suffisent à Édouard Philippe pour éclairer les Français sur la restitution du Grand Débat National, alors que le gouvernement rêve d’un acte II du quinquennat, acte rénovateur de l’image et de l’action d’un Emmanuel Macron qui souhaiterait se projeter en dirigeant bienveillant, une nouvelle convergence des luttes vient peut-être enrayer la communication de L’Élysée.

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Maintien de l’ordre ou menaces sur la démocratie ?

Copie à revoir, l’article 3 de la loi anticasseurs censuré jeudi 4 avril par le Conseil constitutionnel fait marcher à plein régime toutes les méninges disponibles à Beauvau et à Matignon. Un article très contesté qui permettait aux préfets de prononcer des interdictions administratives de manifester. Mais il n’y a pas que ce point là, de la loi dite « anti-casseurs », adoptée le 12 mars par le Parlement qui dérange.

Pour les syndicats, associations et partis politiques qui ont annoncé ensemble ce mardi, la manifestation commune de samedi 13 avril à Montpellier, cette loi autorise clairement des mesures liberticides et subjectives. Avec une volonté de maintien de l’ordre, n’y a-t-il pas de réelles menaces sur la démocratie ?

« Stopper cette escalade autoritaire »

Pour Jaqueline Duquin de la Fédération nationale de la libre pensée la réponse est une évidence : « nous demandons très solennellement au gouvernement et au Parlement d’abandonner cette loi … devant cette dérive autoritaire nous considérons que la situation est extrêmement dangereuse. Il y a une escalade depuis quelque temps, et je ne parle pas des 9000 personnes placées en garde à vue, je ne parle pas des 2000 condamnations, je ne parle pas des centaines de blessés, je ne parle pas des 9 mains arrachées, je ne parle pas des 21 personnes éborgnées, je ne parle pas du sort qui a été réservé à Madame Geneviève Legay porte-parole d’Attac, je ne parle pas du recours à l’armée, chose que l’on n’avait pas vue depuis 1948 […] L’appel que nous faisons aujourd’hui, c’est pour que les citoyens viennent nombreux défendre la démocratie, et stopper cette escalade autoritaire …

Jean-Jacques Gandini de la Ligue des droits de l’homme section de Montpellier propose ce samedi un happening pour faire comprendre les dérives de cette loi : « dès que l’on a le visage couvert même partiellement, on pourra être poursuivi. Je propose donc que chacun vienne avec un foulard, et que l’on soit tous partiellement couverts pour montrer justement, qu’il y a là une atteinte arbitraire à la liberté de manifester. Cette part d’appréciation totale accordée au préfet doit être stigmatisée… »

Pascal Lacince membre de la France insoumise confirme la présence des militants et des différents GA du mouvement LFI, nationalement comme localement avec la possible présence de la députée de l’Hérault Muriel Ressiguier.

Laurent Martin responsable à la CGT Union Locale Montpellier précise : « laisser aux préfets le pouvoir d’interdire à une personne de manifester, de plus sans qu’elle ait connaissance de cette interdiction, c’est porter atteinte à un droit essentiel dans une démocratie : celui de manifester […] Ils (le gouvernement) veulent répondre par des lois sécuritaires, non pas au désordre qui est dans la rue et qu’ils ont contribué à mettre en place, mais ils veulent répondre par la violence, y compris juridique, à des revendications sociales, c’est ça qui est en train de se passer… »

Sandra Houée membre des Gilets Jaunes Convergence 34 exprimera ainsi le ressenti de cette convergence : « avec cet appel du 13 avril, on se sent un peu moins seul depuis tous ces samedis où l’on souhaite une convergence qui nous semble essentielle… » Pour Jo, elle aussi membre des Gilets Jaunes, et de la commission Convergence34 de l’AG du Peyrou : « nous nous félicitons de voir que pour la première fois depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes dans le département, un spectre aussi large d’organisations diverses, portant un message unitaire, soient réunies pour une conférence de presse commune. »

Un appel à une mobilisation nationale, et une convergence qui vit certainement sa phase la plus significative, face à cette loi « anti-casseurs ». Une convergence qui révèle aussi, une fois de plus, que les revendications sociales exprimées par tous sont les mêmes pour tous.

Les signataires de l’appel à Manifestation de ce samedi 13 avril à 14h00 Place de la Comédie à Montpellier invitent les citoyens à venir nombreux.

Syndicats : Union Locale CGT Montpellier, Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM), Comité Etudiant Indépendant (CEI), CNT ESS34… Associations : Ligue des Droits de l’Homme, Fédération Unie de la Libre Pensée, Campagne BDS France Montpellier, Union Juive Française pour la Paix (UJFP), Collectif Citoyens pour la climat, Le Collectif Migrants Bienvenue 34, Le Mouvement de la Paix… Partis : Europe Ecologie Les Verts (EELV), Parti de Gauche (PG), La France Insoumise (GA Aiguelongue-Boutonnet 1 et 2), Parti Communiste Français (PCF), Parti Ouvrier Indépendant (POI).

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