[VIDEO & ITW] Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, est droit dans ses bottes et reste persuadé que sa réforme du lycée, et son projet de loi dit : « Pour l’école de la confiance » vont améliorer la réussite des élèves de la maternelle jusqu’au lycée.

Un projet de loi qui a déjà été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, et qui sera devant le Sénat pour le 13 mai. Pourtant, une fronde tenace bouscule le ministre, et la colère monte dans l’éducation nationale, dans la lignée des mouvements comme les Stylos Rouges, ou #PasDeVague qui ont émergé fin 2018 sur les réseaux sociaux.

Montpellier, jeudi 4 avril

Ce jeudi 4 avril, l’appel intersyndical à la grève semble une étape importante. À Montpellier, enseignants d’écoles maternelles et élémentaires, de collèges et lycées ainsi que des parents d’élèves se sont retrouvés devant les jardins du Peyrou pour manifester dans la ville, et se rendre rue de l’université au rectorat de l’Académie de Montpellier.

Pourquoi les enseignants se mobilisent et font-ils grève ce jeudi ? Ils dénoncent un projet de loi fourre-tout qui selon eux ne répond pas aux défis posés à l’école. Les deux enjeux que prône leur ministre : « élever le niveau général des élèves » et promouvoir « la justice sociale » ne seraient qu’effets de manche, et verbiages. Leur réalité, c’est de constater avec inquiétude que les « Établissements publics des savoirs fondamentaux » EPSF, sont des structures qui vont regrouper écoles et collèges pour les placer sous une seule autorité. Ils protestent aussi contre la création du Conseil d’évaluation de l’école, dont plusieurs membres vont être directement nommés par le ministre, et contre la réforme du baccalauréat.

Quelques explications avec Éric Hassenteufel, professeur de Philosophie :

Pour cette mobilisation à Montpellier, l’idée était de remettre une lettre à Mme Le Recteur, Béatrice Gille rectrice de la région académique Occitanie. Lettre qui a été lue dans la rue devant une entrée fermée aux manifestants et qui donne toute l’ampleur d’un dysfonctionnement qu’ils dénoncent.

Vidéo de cette lettre déclamée au micro, devant le rectorat :

Des bobards aux Fake-news

Alors que Jean-Michel Blanquer, fait la promo de la « liberté de choix » qu’apportera sa réforme des lycées, il joue aussi à la victime de fake news diffusées par des malveillants qui voudraient polluer par ce mode de harcèlement, son action de ministre. C’est certainement mal évaluer et sous-estimer le milieu enseignant qui est par nature dans la bienveillance, la précision et l’analyse. Ils sont donc dans leur rôle, lorsqu’ils décryptent, surveillent, et relèvent certains problèmes de la “méthode Blanquer.” Blanquer qui a été défini à coup de com’ et d’émissions télé, comme le meilleur élève de la Macronie et homme providentiel. Mais en usant du mot « bobards » dans ce débat public, le ministre prend l’habit d’un pion dans une cour de récré, attention au chahut.

Exemple de veille et de vigilance : Amazon, OAT et l’Éducation Nationale

Détail : en septembre 2018 un enseignant, Alain Michel vérifie où est enregistré le nom de domaine de la plateforme des évaluations dont l’adresse URL est CP-CE1.ORG. Une inquiétude légitime, et il lâche un tweet explicatif qui permet de comprendre que la société Open Assessment Technologies SA, basée entre autres au Luxembourg, et prestataire de l’éducation nationale fait tourner ses applications sur AWS entendre : Amazon Web Services, Inc.

Depuis CP-CE1.ORG pointe sur CP-CE1.FR créée le 16 janvier 2019 à 20h34. Ce nouveau nom de domaine a été acheté cette fois par l’intermédiaire d’une société française GANDI, mais la plateforme de saisie tourne toujours sur les serveurs d’Amazon. Les résultats des élèves français sont stockés pour le moins un temps, dans le cloud computing d’Amazon, mais d’après le ministère les données sont entièrement anonymisées.