Des surfaces commerciales de périphérie en plein développement, l’échec du boulevard du Jeu de Paume, une politique municipale incompréhensible… Face à la menace d’une dévitalisation à la Marseillaise, la Faduc réclame des mesures fortes dont un moratoire en périphérie.

L’autorisation de Ode n’a pas été suivie d’un ralentissement du développement de la périphérie Après une année exceptionnelle en termes de mètres carrés autorisés marquée par l’autorisation de Ode en 2015 (61500m2 sur 85000m2 autorisés soit 72%) puis un fléchissement du nombre de mètres carrés autorisés en 2016 (moins de 9000 m2), la tendance est repartie nettement à la hausse depuis (près de 55000 m2 en 2017/18). Aucune tendance ne permet aujourd’hui de prédire un quelconque ralentissement. Concernant la nature des opérations, le nombre de créations domine nettement par rapport aux extensions : 45 dossiers autorisés contre 27 entre 2015 et 2018. Mais on observe qu’en 2018 le nombre d’extensions autorisées est comparable pour la première fois au nombre de créations.

Les zones commerciales sont lancées dans une course effrénée Une concurrence exacerbée a conduit Odysseum à demander et obtenir une extension de 13 000 m2 pour anticiper l’ouverture de Ode. Klepierre, propriétaire de Odysseum, a par ailleurs réussi à convaincre Primark de venir dans son centre plutôt que chez Ode. Cette guerre se retrouve au niveau de la grande distribution. Dans l’Hérault, la crise des groupes intégrés (Carrefour, Auchan et Casino) profite à Lidl et aux groupements d’indépendants, notamment à Intermarché et Système U. De ce point de vue, le nombre le nombre de mètres carrés demandés par ces acteurs témoigne des ambitions de ces trois chaines qui totalisent, à elles seules sur la période concernée, l’équivalent d’un nouvel Odysseum, soit environ 40 000 m2.

Le centre-ville est écrasé par une concurrence de plus en plus intenable. Un taux de vacance de 14% centre centre-ville, soit un taux deux fois plus important que des villes comme Nantes, Tours ou Strasbourg, un appauvrissement de l’offre… Le restaurant de la Maison de la Lozère est parti du centre-ville. Les chiffres de la boutique montpelliéraine Nespresso seraient, selon plusieurs sources, très en deçà des attentes. Le Polygone a perdu 15 % de CA avec l’ouverture de Odysseum. Il a fallu attendre 9 ans pour retrouver le même chiffre. Jamais le centre-ville n’a connu une situation aussi difficile. Pour Franck Gintrand, Montpellier présente des similitudes fortes avec Marseille : « une paupérisation du commerce, une concurrence écrasante de la périphérie et la rénovation urbaine ratée d’un axe stratégique, le boulevard du Jeu de Paume ».

Mais que veut le maire ? Face à cette situation, personne ne sait ce que veut faire le maire. D’un côté, la ville de Montpellier envisage de condamner l’accès aux quartiers Antigone / Polygone en fermant le Tunnel de la Comédie. Après avoir fermé le boulevard du Jeu de Paume à la circulation, cela consisterait à fermer le dernier accès qui permet aux automobilistes qui viennent de la périphérie d’accéder aux commerces du Triangle et au Polygone, sachant que le parking du centre commercial est fréquenté à 60 % par des clients qui se rendent au centre-ville pour faire leurs achats. De l’autre, la ville a abandonné le projet de restructuration du centre-ville dont l’extension du Polygone annoncée en 2016, quitte à perdre des enseignes attractives comme Primark ou à voir partir une enseigne historique et centrale comme les Galeries Lafayette.

Ce que nous réclamons La situation n’est plus tenable. Nous réclamons trois mesures :

  • Une mesure d’urgence : le moratoire sur le développement commercial de la périphérie, abandon de Ode et de l’extension d’Odysseum. Le préfet en a le pouvoir. Il faut donc que le maire en fasse la demande.
  • Des décisions de bon sens : l’abandon de la fermeture du tunnel de la Comédie et la suppression du Label Architecture Contemporaine Remarquable attribué à la mairie A et à la mairie B afin de permettre la mise en route du projet d’élargissement du centre-ville
  • Un vrai projet de redynamisation du commerce montpelliérain fondé sur le renforcement de l’Ecusson avec la création de moyennes surfaces et l’élargissement du cœur marchand, la création de places de stationnement supplémentaires et l’élargissement du centre-ville.

FADUC