Le parvis des Arènes était calme en ce début d’après-midi, qui sous la douceur printanière prêtait plus à déguster des grillades qu’à venir manifester. Et pourtant, l’acte 15 des gilets jaunes à Nîmes n’a pas failli à ce rendez-vous quasi traditionnel.

Toujours déterminés, même si la « grande manif » régionale se tenait à Montpellier, lentement les Gilets Jaunes ont commencé à affluer tranquillement, sereinement. Car malgré la nonchalance affichée, la détermination reste la même, ils veulent l’instauration du RIC, et la démission d’Emmanuel Macron.

Et puis ils savent que leurs alliés depuis le début du mouvement, les motards en colère doivent venir en renfort, pour manifester eux aussi. Alors la centaine de personnes présentes se met tranquillement en marche. Ils passent devant le café de la Bourse maintes fois conspué par les Gilets Jaunes, sans un mot, pour signifier leur pacifisme, puis remontent vers la maison carrée passe le square Antonin et se faufilent dans les rues commerçantes de l’écusson.

Étonnamment, les gens se figent, pas dans le sens péjoratif du terme, en voyant ces réfractaires qui ne lâchent pas le morceau. Beaucoup sourient, et c’est là le fait nouveau… tout au long de la déambulation, nombre de gens esquissent des sourires. Alors en demandant pourquoi : tous répondent à l’unisson, « parce que pendant que nous nous sommes tranquillement en train de faire nos courses, eux, ils se battent », d’autres disent qu’ils « éprouvent une forme d’admiration de voir ces gens se mobiliser chaque semaine. »

À ceux qui les taxent d’antirépublicains, ils répondent par une Marseillaise.

La déambulation continue. Ils se veulent pédagogiques, alors les Gilets Jaunes, tractent, parlent, entendent les revendications de ceux qui en ont assez, les deux blocs campent sur leurs positions. Des vrombissements surgissent et un cortège impressionnant des fédérations des motards en colère du Gard, de l’Hérault arrive. Les gilets jaunes leur font une haie d’honneur. Ils se rejoignent sur le parvis des Arènes.

Car eux aussi, expriment leur ras-le-bol, et leur écœurement sur la mise en détention d’un de leurs amis, lors de l’acte X à Nîmes et dénoncent avec force, la loi dite anticasseurs qui les empêchera de porter un casque pour venir manifester.

Gilets Jaunes et motards descendent jusqu’à la préfecture. Après une nouvelle Marseillaise, la manifestation est officiellement terminée. Tout le monde se disperse. Il n’y aura eu aucun incident. Demain, au QG des gilets jaunes une grande paella est prévue.