Ils ne sont pas venus. Ils étaient au regret de devoir décliner l’invitation. Leurs agendas ne leur permettant pas d’assister à la réunion publique sur “IGY Sète Marina,” organisée par le collectif “Une marina : Pour qui ? Pour quoi ?”  Carole Delga la Présidente de la Région Occitanie, et Jean-Claude Gayssot le président du port de commerce de Sète ont manqué aux Sétois.

Pourtant il y a un an, dans cette même salle Tarbouriech, le discours du président du port était presque bien : «… mais quand je parle de croissance durable, c’est aussi pour dire, pas pour faire n’importe quoi ! Je pense aux enjeux essentiels et à mes yeux l’enjeu essentiel, il se résume en trois mots. L’humain au coeur !…» affirmait en janvier 2018, Jean-Claude Gayssot venu défendre un projet qui avait été annoncé à la population par voie de presse en octobre 2017. Des habitants surpris, trahis par ce projet qui devait s’installer quai d’Alger. Conséquences, un collectif citoyen a vu le jour. Depuis, ce collectif : “Une marina : Pour qui ? Pour quoi ?” est à l’origine de deux réunions tenues au théâtre de la Mer, et de multiples actions, pour retrouver le sens d’une démocratie participative. Une réussite qui a permis d’annuler l’installation de la Marina au quai d’honneur, et de faire la lumière sur un projet qui méritait d’être proposé et discuté, avant sa mise en place.

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Cette semaine, le mercredi 23 janvier 2019, deux directeurs étaient présents, Olivier Carmes, et Pascal Pinet. Le premier, directeur général Port Sud de France Sète-Frontignan, et le second directeur général délégué à la Région Occitanie. Côté élus, pour la Région : personne. Mais, deux lettres ont été lues aux participants, l’une des écologistes du conseil régional qui avaient voté « contre » en conseil permanent le 21 juillet 2018, et l’autre de Nicolas Cossange co-président du groupe Nouveau Monde, qui en tant que membre de la majorité prend acte de la décision concernant l’installation de la Marina, mais précise qu’il sera « de la plus grande vigilance quant à l’évolution de la situation. » Ils ont pu ainsi expliquer leurs positions, sans pour autant ressentir le besoin de se déplacer, tout en saluant au passage le travail du collectif.

« Alors, pourquoi on est là ? »

« Les premiers travaux d’aménagement ont commencé, et un premier accueil des bateaux est prévu cet été », une annonce qui a irrité la salle. « Alors pourquoi on est là ? » lancera quelqu’un. Olivier Carmes a insisté sur la stratégie du port de diversifier ses activités tant dans le commerce que dans la pêche et la plaisance. Question emplois, c’est un peu plus d’une centaine à venir, mais à l’horizon des 10 ans. Rassurant sur les retombées économiques, le directeur du port est convaincu que l’on peut compter sur la consommation qui sera faite par les personnels, et les clients IGY Sète Marina, dans la ville, et aux alentours.

Extrait. Explication d’Olivier Carmes sur l’usage du quai, et les retombées économiques :

Rien n’a changé dans le discours depuis une année : la Région investit 2 millions d’euros et le consortium IGY Marinas – P&O Marinas s’engage à investir 5 millions d’euros sur 4 ans.

« C’est vraiment de l’amateurisme. »

« Ce n’est pas de ça, dont vous avez besoin, y compris sur le plan économique, par rapport aux retombées au niveau de la Région. » Pour François Liberti, le port de Sète a loupé l’occasion de réfléchir et de s’interroger, quand la population s’est opposée une première fois à l’installation quai d’Alger de cette Marina. « Vous nous dites le projet est en route, en même temps vous n’excluez pas que si ça ne marche pas, et bien ça ne marche pas. Mais je trouve que c’est vraiment de l’amateurisme. C’est dommage. Ça ne lève en rien la conviction que nous portons les uns et les autres ici, pour changer cette donne. Et ce n’est pas un projet qui sera un long fleuve tranquille pour vous. » Applaudissements.

Intervention, et diagnostic de François Liberti :

« Orsetti à la disposition de la population sétoise »

Véronique Calueba est directe, pour la Conseillère départementale, présidente de la commission environnement : “ce genre de projet est en train de détruire l’identité maritime de la ville qui s’est construite autour du port. Le port est un outil collectif au service d’une population. […] Pourquoi ne pas mettre Orsetti à la disposition de la population sétoise au lieu de le confisquer au profit de quelques individus fortunés ?” Applaudissements. Mais l’inquiétude était perceptible ce soir là. Comme un sentiment de ne pas être pris en compte. Alors les questions fusent. Quid de l’héliport qui était dessiné sur le projet quai d’Alger ? Et la pollution, quels sont les risques pour l’étang de Thau avec ce nouveau trafic ? Où en est le projet ? A-t-on le droit de réagir, ou les carottes sont cuites ?

« Un habitant non informé est un habitant manipulé »

Ambiance électrique, pas vraiment. Plutôt une salle désabusée, et consciente d’être écartée du projet : « un habitant non informé est un habitant manipulé, et cet habitant ne peut pas être un citoyen […] assez de mépris, assez d’arrogance, » exprimera l’un des nombreux Sétois venus ce soir-là.

Laura, Nathan Liberti, Gabriel Blasco et Françoise Alamartine qui animaient cette réunion, avaient préparé, avec tous les membres du collectif un travail pertinent, voire dérangeant : chiffres, risques écologiques, droit d’être informé de ce qui est fait de l’argent public, ouverture de la consultation avant la signature de tels projets. Pour conclure ce débat, Laura posera deux questions : « est-ce que cette réunion vous fait évoluer sur votre positionnement, et va avoir un effet sur les décisions ? … Est-ce qu’on va continuer à être obligés de se mobiliser sur des projets imposés, ou est-ce que vous allez modifier vos règles de fonctionnement […] allez-vous améliorer le système de décisions, il y a plein de techniques de participation qui existent… ? »

Pascal Pinet le directeur général délégué à la Région Occitanie apportera ses réponses : « nous avons été mandatés par Carole Delga pour vous écouter. On va lui rapporter tout ce qui a été dit. Est-ce que le projet va évoluer ? Vous voyez bien le projet est déjà en chantier. S’il y a des évolutions, ce sera à la marge. » Concernant une démocratie participative : « on le voit bien à travers ce type de réunion […] il y a un besoin aujourd’hui d’améliorer la concertation en amont […] nous aussi on apprend […] c’est important. » Pour l’heure, IGY Sète Marina sera en fonction très prochainement.

Extrait des échanges pour conclure cette réunion entre Laura, et Pascal Pinet :

La «petite Venise» de la France , zone d’accostage de superyachts

Avec son chiffre d’affaires en augmentation de 8 % pour 2018, le port de Sète qui est un établissement public régional (EPR), fera place nette quai Orsetti pour installer : IGY Sète Marina. Une offre d’emplacements décrite sur leur site comme la «petite Venise» de la France, zone d’accostage de superyachts.

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