« Non, je ne parle pas. Vous avez vu : j’écoute » dira François Ruffin, il marque un temps puis : « c’est pas moi la star. La star, c’est le peuple aujourd’hui. »

Si le peuple est roi sur les ronds-points de France, sur celui du Grand M à Montpellier, les Gilets Jaunes ont ce jeudi 13 décembre adoubé le député de la Somme. Ils ont armé cet homme de Picardie en lui remettant un texte, pour qu’il le porte à l’assemblée. Mais il n’a rien promis, ses fenêtres de tir pour s’exprimer sont étroites, et il faut une opportunité choisie pour envoyer un message qui fasse mouche, a-t-il précisé. En revanche, il jouera ici à se faire passer pour Emmanuel Macron, et lancera : « si j’étais Monsieur Macron en visite sur le rond-point du Grand M, qu’est-ce que vous me diriez ? » Les réponses nombreuses fusent, et dans sa condition de peluche thérapeutique, le député journaliste en immersion prend le risque consenti de se faire maltraiter.

Détruire la misère

« Je suis de ceux qui pensent, et qui affirment qu’on peut détruire la misère. » C’est ce discours : « Détruire la misère, » prononcé à l’Assemblée nationale législative par Victor Hugo le 9 juillet 1849 qui a été remis à François Ruffin sous la pluie devant un brasero, et avec un concert de klaxons. Ajoutés à celui-ci des textes, l’expression des Gilets Jaunes sur ce secteur de Montpellier : des volontés, des projets, des idées, des questions, des envies d’avenir tout neuf pour plus de dignité, et d’humanité.

« Comment veut-on guérir le mal, si l’on ne sonde pas les plaies ? » Hugo 1849. Ruffin 2018 s’est lancé le dimanche 9 décembre dans un road trip à la rencontre des Gilets jaunes en compagnie du réalisateur Gilles Perret. Certainement pour garder une trace de cette réalité à leur façon, avant qu’elle ne subisse l’érosion des médias, sa normalisation, puis son effacement en la classant comme une simple colère. Le premier rôle est donné aux Gilets Jaunes. « La star, c’est le peuple aujourd’hui,» sous la caméra du réalisateur de « L’insoumis », un moment de lecture, et des échanges sont improvisés, avec les mots et les maux de 1849, et de 2018. Puis, avec un Facebook live s’installent : concertations, et approche rapide du RIC, référendum d’initiative citoyenne.

Avant l’Hérault, c’était le Gard. Plus tôt dans la journée le député de la Somme était passé au rond-point de Dions, sur la RN106 reliant Nîmes à Alès. Un rond-point évacué la veille par les forces de l’ordre, mais rapidement réinvesti par les manifestants.

Montpellier, Facebook Live @FrancoisRuffin80

Un spécial Référendum d’initiative citoyenne, enregistré en direct du rond point du Grand M de Montpellier, le jeudi 13 décembre 2018 à 16h47.