Tribune de Marie Danièle Eyraud, sympathisante qui soutient les « Gilets Jaunes ».


Sur quoi porte la revendication des Gilets Jaunes… Sur plusieurs axes, dont un lié à « l’obligation » de posséder et d’utiliser un véhicule dans le cadre du travail.

Pourquoi maintenant ? Parce que l’application des lois et taxes récentes du gouvernement place les Gilets Jaunes, comme beaucoup de Français dans l’impossibilité de les assumer financièrement. En cause le manque de pouvoir d’achat. Alors, si tout n’est pas de la responsabilité du président, c’est pourtant bien la goutte d’essence de trop qui a mis le feu à ce qui pourrait devenir un incendie.

Durant ces dix dernières années, le SMIC n’a guère évolué. Or dans le même temps, les prix eux ont quasiment doublé. À cela s’est ajouté le non-remboursement de produits touchant chacun diversement selon ces petits maux. À titre d’exemple, et ça ratisse large : des lentilles de vue aux soins contre l’arthrite, des besoins des nouveau-nés aux plus âgés. Au final pour tous, c’est un trou mensuel dans le porte-monnaie. Et pour la catégorie moyenne un découvert dès le 10 du mois. En créant par ainsi la nouvelle ruée vers l’or des banquiers à coups d’agios.

Il en est de même pour l’alimentation. Une récente émission de « C’ dans l’air » sur le sujet a fait dire aux politologues invités qu’ils savaient que les smicards n’avaient plus les moyens de s’acheter de la viande ni du poisson. Une réalité assumée donc, et la revendication des Gilets Jaunes ne saurait se satisfaire d’un « coup de pouce » ou énième coup d’épée dans l’eau. Il leur faut plutôt un rattrapage financier conséquent. On ne sait s’il faut rire ou pleurer lorsque l’on constate une taxe de 20% au lieu de 5% sur des produits d’hygiène, tel que le dentifrice, le shampoing, ou le savon, érigés de cette façon pour beaucoup au stade de produit de luxe !

Une autre revendication porte sur l’absurdité des nouvelles règles anti-pollution applicables aux contrôles de véhicules, qui fait passer ce dernier de 49 € à 75 €. Et cela va avoir pour finalité de plonger des millions d’honnêtes automobilistes dans l’illégalité. En effet, il s’avère que ces critères entrainent une note de réparation en garage impossible à assumer. Il faut compter 1000 à 1500 € sur un véhicule de moins de 10 ans, et 2000 € pour les 10 à 20 ans d’ancienneté diesel comme essence. Pas étonnant alors que tant de voitures flambent ou soient forcées de rouler sans la vignette de contrôle. Petit rappel : un véhicule pris en défaut de vignette de contrôle technique à jour, risque une amende de 100 à 135 €, et perdra son assurance dans le cadre d’un accident.

Le gouvernement pensait souscrire à la fausse information du diesel plus polluant que l’essence, ce qui est faux, les deux sont à égalité, le diesel ayant même un léger avantage, démontré « apparemment » dans une émission de « Jamie », une émission dite pédagogique !!!??? On serait donc obligé d’acheter des voitures dites propres (chose qui reste à prouver). Problème : ces dernières coûtent pratiquement 2 ans de SMIC… Et ceux qui peuvent se les offrir en possèdent déjà depuis des années. Entre autres, des jeunes retraités aisés, des cadres et des entrepreneurs qui en font supporter les frais à leurs entreprises ainsi que des moins fortunés ayant saisi l’offre de reprise pour s’orienter vers des petits véhicules de ville, dits « mixtes ».

Aussi la télé a beau nous matraquer de pubs autos à 200 € par mois, cela reste un achat inatteignable. Malgré les mesurettes annoncées, louables certes, mais totalement absurdes. Exemple : les plus humbles devront solliciter une aide à partir de 30 km par jour. Donc est-ce une ruine annoncée pour celui qui en fait 29 km par jour ? Est-ce vraiment sérieux ? Non, c’est juste consternant.

Il faudrait des concertations avec les constructeurs pour mener à bien des solutions acceptables autour des occasions récentes, face aux prix actuellement indécents. On le perçoit là aussi, seuls des efforts de l’état et la remise à niveau du SMIC peut, et doit redonner aux salariés, une indépendance à la fois due et méritée, comme pour tout autre salarié. Sinon, c’est retomber dans la pensée présidentielle entendue à savoir : « il y a ceux qui réussissent et les autres », les rien du tout ? C’est faire fi que chacun participe à l’économie du pays, et ainsi contribue à payer le salaire, comme la sécurité du chef de l’état.

Marie Danièle Eyraud