Ah ! Oui, quand on décède… Comment cela se passe ?… On n’est jamais libre ; même quand on est mort. Du moins, c’est le cas en France, où les « Pompes funèbres » règnent en maîtres absolus, sur le royaume de Thanatos.

On meurt, comme cela arrivera à tous, à un moment donné. Nos proches survivants qu’on suppose éplorés (enfin, on l’espère), n’auront d’autres options que de remettre notre dépouille, entre les mains de ces messieurs dames, qui tous suaves et professionnellement compatissants qu’ils sont, s’en tiendront à un strict régime de recyclage de cette matière organique que nous fûmes.  C’est la loi.

Il est vrai que la législation funéraire en France a été prodigieusement  assouplie ces dernières années : on a le choix d’être enterré ou d’être incinéré.

Or ces deux «procédures» sont à la fois coûteuses, et surtout anti-écolos. Et, ajoutons que rien n’allège la lourdeur sinistre de l’occasion… Peu d’entre nous souhaitent avoir un triste cortège de noir et de gris, à la traîne d’un lugubre corbillard. Certes, on peut maintenant faire venir une guitare dans l’église, faire jouer des musiques plus gaies que la marche de Chopin. Plus ou moins bien rendue, mais on est loin de respecter les us et coutumes d’autres formes de pensée, que la manière chrétienne. Un musulman ne peut disposer d’un corps aimé selon sa foi ; enterrement : – un simple linceul lors de la mise en terre – .Il se doit néanmoins en France d’acquérir un cercueil en bois ; bien qu’il soit possible maintenant d’avoir des cercueils «pas chers» biodégradables. On comprend que le cercueil à l’origine était voulu pour des raisons d’hygiène, et puis il y a effectivement le poids des traditions. Mais il y a des alternatives… il suffit de ne pas être «français».

Au Royaume-Uni, et dans une moindre mesure aux Pays-Bas, en Italie, aux USA et en Australie, ces alternatives sont sur le marché. Il existe depuis 1993 un mouvement associatif appelé «Natural Death» («Mort Naturelle»), qui permet une mise en terre d’une dépouille «au naturel» dans des parcs spéciaux. Ces parcs, et il y en a plus de 270 à travers le Royaume-Uni – gérés soit par des communes, soit par des propriétaires privés – permettent, une fois que toutes les modalités administratives, et légales liées au décès sont terminées,  d’enfouir soit des corps entiers, soit des cendres dans des lieux dédiés à la nature, où l’on encourage la profusion de papillons, d’oiseaux, de biches, d’écureuils… et bien sûr, d’arbres… Des lieux où l’on peut venir piqueniquer avec les enfants et remémorer le défunt, ou la défunte sans qu’une chape de marbre ne vienne plomber l’ambiance. Dans ce cas, il est aussi permis non seulement de faire fi de tout embaumement (qui parfois empêche même les corps enterrés dans les cimetières de se décomposer), de tout cercueil, mais aussi de croque-morts… Si la famille et les amis veulent donner ce qu’il faut de coups de pelles, on peut faire de sacrées économies. Selon le «Natural Death Centre», quelques 5000 Britanniques par an, choisissent maintenant ce mode de «départ», une tendance qui va en augmentant, retardée quelque peu, selon une responsable de cette association, par le fait que : «beaucoup de gens âgés ont été persuadés de souscrire à des formules funéraires classiques et donc y sont liés».

Économies énergétiques

Écolo, cette méthode l’est véritablement, comparée aux pratiques admises en France, où la quantité d’énergie requise pour incinérer un corps de 68 kg par exemple, en utilisant du gaz naturel (soit une heure de combustion entre 850° et 1150°C), serait égale, en énergie comparée, à ce qu’il faut d’essence pour conduire une voiture sur une distance d’environ 450 km, c’est-à-dire pour l’ensemble des quelques morts par an incinérés en France, l’équivalent de 18 514 285 litres d’essence ! À cela, il faut ajouter le rejet dans l’air ambiant de produits toxiques, comme le mercure provenant des travaux de soins dentaires, sans parler des émissions de CO2 qui aggravent le réchauffement planétaire.

Selon le site ConsoGlobe,  quelques 100.000 m3 de bois sont ainsi utilisés chaque année en France pour faire des cercueils… Une sacrée forêt qui part ainsi littéralement en fumée, tout à fait inutilement. Et les places dans les cimetières sont non seulement chères, mais deviendront de plus en plus difficiles à trouver… à moins de recycler les vieilles tombes existantes, ce qui revient à désavouer la pérennité initialement voulue du monument funéraire.

Mais pour celui ou celle qui en France souhaiterait redevenir une partie intégrante de la vie qui nous entoure, et permettre des économies à ses survivants, il faut changer la loi. En Angleterre, le principe constitutionnel veut que : «tout ce qui n’est pas interdit est permis» ; le contraire en sorte des principes constitutionnels applicables en France ; contestable, et contestation qui a permis l’envol du «départ final vert». Et par ceci, changer la loi de référence, c’est-à-dire le «Code général des collectivités territoriales», concernant les enterrements revient à défier le monopole des Pompes funèbres sur un secteur économique qui «pèse» 2,5 milliards d’euros par an. Pas une mince affaire.