Une semaine après les révélations du Monde « et hop », Emmanuel Macron sort de son silence, sur ce qu’il convient d’appeler l’affaire Benalla : « S’ils cherchent un responsable, vous l’avez devant vous. Le seul responsable, c’est moi et moi seul. C’est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. C’est moi qui ai confirmé la sanction. » 

La déclaration d’un homme seul

Mardi 24 juillet, devant certains parlementaires et ministres LREM, présents à la soirée de la Maison de l’Amérique latine de Paris, organisée pour marquer la fin de la session parlementaire, Emmanuel Macron définit cette affaire, de trahison et de déception, mais étrangement en commençant sur le ton de l’humour, en citant la « fun-news » du site Nordpresse sur un Alexandre Benalla qui possèderait les codes nucléaires. Il réédite un pied de nez concernant une relation supposée avec Alexandre Benalla, comme il l’avait fait à propos de la rumeur qui le liait intimement à Mathieu Gallet, le triste patron de Radio France, condamné pour favoritisme et révoqué par le CSA : « Alexandre Benalla n’a jamais lui non plus été mon amant… » Le président fait rire son auditoire.

Bref, Macron Président prend ses responsabilités d’homme : « Ça n’est pas la République des fusibles […] On ne peut pas être chef par beau temps et s’y soustraire quand le temps est difficile. » Et en vrai bonhomme, il surenchérit : « S’ils veulent un responsable, dites-leur, il est devant vous. Parce que le responsable, c’est moi et moi seul. Qu’ils viennent le chercher… »

Le chef de l’état confie être inquiet du spectacle que donne cette affaire, mais c’est par le spectacle qu’il tente de contrer cette affaire. Et au passage, il fustige les journalistes en affirmant comme une évidence : « nous avons une presse qui ne cherche plus la vérité […] un pouvoir médiatique qui veut devenir le pouvoir judiciaire. » Le show semble avoir requinqué des députés fatigués et stressés par un exécutif qui a mis du temps à réagir.

Les équipes de BFMTV se sont « procuré » hier soir, une vidéo de l’intervention du chef de l’État auprès des siens, mardi 24 juillet 2018.