L’affaire Benalla en bref et en continu…

Alexandre Benalla, le « M. Sécurité » du président de la République intrigue. Pourquoi ses agissements n’avaient pas été signalés à la justice ? Pourquoi l’Élysée avait pris des sanctions insignifiantes à l’encontre de ce personnel encombrant ?  Pourquoi cet homme a poursuivi ses missions pour l’Élysée et a été logé, au 11 quai Branly ?

  • Mercredi 18 juillet, premières révélations par le quotidien Le Monde, du jeune collaborateur d’Emmanuel Macron dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le montrant malmener deux jeunes gens en marge des manifestations du 1e Mai. C’est le début de « l’affaire Benalla », l’Élysée va connaître sa première situation de crise.
  • Jeudi 19 juillet, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour « violences par personne chargée d’une mission de service public », « usurpation de fonctions » et « usurpation de signes réservés à l’autorité publique ». Patrick Strzoda, directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, a été entendu comme témoin. L’IGPN et la BRDP sont saisies. Vincent Crase, un agent d’accueil pour LREM, mais aussi un réserviste de la gendarmerie, était avec Alexandre Benalla le 1er mai. Il a aussi été placé en garde à vue.
  • Vendredi 20 juillet, Alexandre Benalla est visé par une procédure de licenciement. L’homme est placé en garde à vue pour des faits de violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public, d’usurpation de fonctions, de port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique, ainsi que de complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéo protection. Selon une source proche du dossier, trois cadres de la préfecture de police de Paris, un contrôleur général, un commissaire et un commandant ont été suspendus pour avoir extrait ces images de vidéo surveillance de la Ville de Paris et pour les avoir transmises mercredi à M. Benalla.

Bruno Roger-Petit, porte-parole de l’Élysée « explique » tout dès le 19 juillet …

L’exécutif reste « muet » sur l’affaire.

Le premier ministre Edouard Philippe, pressé de question sur l’affaire, a envoyé une fin de non-recevoir en indiquant qu’il ne s’exprimerait pas avant mardi lors des questions au gouvernement (QAG), alors qu’il suivait la 13ème étape du Tour de France cycliste. Un comportement plein de « mépris » ou de « dédain » pour nombre de députés de l’opposition.

« La République, elle est inaltérable », a seulement déclaré le Président de la République lors d’un déplacement en Dordogne jeudi 19 juillet, sans ajouter à ce jour un mot de plus.

L’Assemblée nationale a lancé une commission d’enquête.

Les députés de La France insoumise ont proposé de voter sur une motion de censure du gouvernement. L’opposition demande unanimement la fin des débats en cours et utilise la procédure du rappel au règlement, pour interpeller le gouvernement.

Avant que la séance ne soit levée vendredi 20 juillet vers 23h15, le président du groupe majoritaire LREM Richard Ferrand« , manque de s’étrangler face aux oppositions de droite et de gauche : « Le boycott devient un principe de fonctionnement chez vous. Vous voulez bordéliser le travail parlementaire ». Éléments de langage repris par une grande partie des députés La République En Marche.

La commission des Lois se réunit dans la matinée.

La présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet (LREM), a décidé de convoquer la commission dans son ensemble samedi 21 juillet à 9h30 pour essayer de trouver un nouvel accord, la séance devrait reprendre en théorie à 10h30 pour poursuivre le débat des 1 470 amendements restant sur le projet de loi constitutionnelle lui-même controversé.

Vendredi soir, le bureau de la commission des Lois, dotée de pouvoirs d’enquête pour l’affaire Benalla, avait échoué à se mettre d’accord sur un programme d’auditions.

Finalement, l’audition de Gérard Collomb sera publique et retransmise et « aura lieu lundi matin » à 10h.

Le Sénat a programmé l’audition de Gérard Collomb, pour ce mardi 24 juillet 2018 à 17h45.

Audition qui sera ouverte au public et à la presse, et qui sera retransmise en direct sur le site internet du Sénat. Emmanuel Macron reste silencieux.

Qui est Alexandre Benalla ?

Ce proche collaborateur d’Emmanuel Macron a provoqué l’indignation après une analyse de vidéos le montrant frapper une manifestante et un manifestant à terre, le 1er mai dernier. Benalla : naissance en 1991 à Évreux. Expérience professionnelle : service d’ordre du PS, un temps pour Martine Aubry et François Hollande. Puis chauffeur de l’ex-ministre Arnaud Montebourg, qui l’avait renvoyé pour faute professionnelle, devant sa volonté de fuir un accident de voiture, qu’il avait provoqué. Étonnamment, il se retrouve au service de sécurité d’Emmanuel Macron pour la campagne présidentielle. Plusieurs journalistes, de l’AFP et de Public Sénat, dénoncent son comportement en mode « musclé ». Mais il est nommé « chargé de mission », adjoint au chef de cabinet du président, François-Xavier Lauch. Il est souvent en compagnie du président lors de déplacements officiels, et privés. Selon Le Monde, Alexandre Benalla est logé depuis le 9 juillet 2018, dans une dépendance de l’Élysée, quai Branly.

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