D’un simple tweet, on dirait : « #Délire, tu tombes amoureuse d’un mec, c’est ton oncle qui a foutu ses parents en tôle, les parents du mec sont crevés et tes vieux ont tiré leur appart, bagnoles, et tout ce qu’ils avaient, #problememortel #suishyperamoureuse. » Quelques likes plus tard et une réponse : « @Phocion euh ! bizarre ton pseudo, mais bon arrête ton #Délire, t’as trop regardé @Netflix en fumant la beu de ton frangin. » Quelques secondes, et une autre réponse : « @Phocion t’inquiète, l’ #Amour, s’il existe vraiment triomphe toujours. Nan ! C’est une blague… »

Le Triomphe de l’Amour mis en scène par Denis Podalydès sonne comme un sortilège. L’idée géniale a été d’ancrer cette comédie de Marivaux dans les marécages, et de faire sautiller les protagonistes dans ses eaux troubles. Un trio de valets époustouflants qui offre à ce terrain boueux toute l’animalité qu’il mérite, avec Edwige Baily en Corine sous le nom d’Hermidas, Jean-Noël Brouté, en Arlequin valet d’Hermocrate et le truculent Dominique Parent en Dimas jardinier d’Hermocrate, rappelant que l’Amour pour leur condition n’est qu’une poésie qui donne à la copulation, sa dimension humaine.

À la fois fleur mâle et femelle, androgyne à souhait, Leslie Menu princesse Léonide travestie en homme devient Phocion. Elle donne aux trois actes,

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