17h. Mardi 20 février 2018. La Coop Singulière, une épicerie coopérative installée depuis peu, au 38 rue Pierre Sémard à Sète, ouvre ses portes avec un point information destiné à l’accueil de nouveaux adhérents.

L’espace rénové est clair, sain et animé. Dans le fond de la pièce, quelques personnes réunies autour d’une table, dont de nouveaux adhérents, discutent sérieusement. Yvan Fouquet était l’un des premiers, déjà présent aux réunions du 51 de la rue Pierre Sémard. Il cite un certain « Antoine qui a émis l’idée que l’on pourrait faire une coopérative ». Cependant, le choix de la rue Pierre Sémard ne s’est pas fait délibérément. À noter qu’il existe aussi, un restaurant social au 51.

Chaque adhérent doit fournir trois heures par mois
de travail bénévole

Le fonctionnement d’une épicerie coopérative est collectif. Il repose sur l’engagement de chacun. Ainsi chaque adhérent pour être client de l’épicerie doit fournir trois heures par mois de travail bénévole. Avant de trouver un local, l’équipe a dû effectuer une recherche de producteurs. Des palais curieux ont même testé les produits. Certains jugés de qualité insuffisante n’ont pas été adoptés. Avant l’ouverture du local, début février, les précommandes étaient prises sur Internet. Sur des étagères, confectionnées par les coopérateurs les plus bricoleurs, sont disposés des stocks de produits variés.

Lors de la dernière assemblée qui s’est tenue au lycée de la mer, les adhérents se sont réunis en groupes de travail d’une quinzaine de personnes. L’objectif était de faire ressortir les priorités pour les produits et d’aborder la question de la marge bénéficiaire. Du choix de l’existence ou de la non-existence d’une marge bénéficiaire, va découler le prix de vente des produits et la possibilité d’embaucher un salarié. La majorité des coopérateurs a décidé de ne pas faire de marge pour le moment. Mais selon Yvan « Une demande en produits frais nécessiterait la présence d’une personne pour cette gestion quotidienne. De plus, une fois atteint le nombre de 400 adhérents, une gestion sans salarié semble impossible . Une prochaine assemblée générale est prévue le 10 mars. »

LACoopS_produits

Pour passer du produit brut acheté au produit élaboré, un groupe de partage de savoirs constitué de 5-6 personnes a réalisé des recettes gourmandes, notamment à base de citron et dans un autre registre des produits de nettoyage. Ces recettes figurent sur le site de La Coopérative Singulière.

Aujourd’hui, l’effectif s’élève à 200 adhérents, « on est complètement satisfaits , on vise 400 adhérents. On est partis sur la base d’un modèle existant à Brooklyn aux USA*, ils sont 16 000… Et, la coopérative va adhérer au réseau Monépi spécialisé dans les outils informatiques pour les petites structures ». Un choix que justifie le souhait de tenir une comptabilité simplifiée et transparente.

Claudy Bouillon participe aux commandes des produits. Pour le moment seuls des produits secs sont vendus en dehors des pommes de terre, des pommes de l’air, deux variétés de chaque, plus des butternuts. Un bon début, car « Les fournisseurs demandent parfois une quantité minimale pour commander ». Le groupe envisage très vite d’augmenter le nombre de références. Des collaborations avec d’autres activités alternatives pourraient ainsi être mises en place.

L’intérêt, rencontrer du monde, participer à la vie de Sète.

En visant la proximité et la qualité, cette nouvelle épicerie coopérative est-elle une alternative aux grandes surfaces ? Certains adhérents n’ayant pas pu venir chercher leur commande la semaine passée viennent ce soir. C’est le cas de Joris : « Je suis arrivé à Sète en janvier 2017. Je m’intéressais à ces sujets : alimentation et environnement. Je voulais trouver des aliments qui ne sortent pas de Carrefour ou d’Auchan, de la grande distribution qui m’écœure. En avril j’ai appris l’existence de La Coop. Je me suis porté bénévole, je me suis porté présent aux distributions. L’intérêt était de rencontrer du monde, de participer à la vie de Sète. Aujourd’hui c’est la première fois que je viens ici, c’est cool, je suis content que ça avance. Je suis bien conscient de tous les efforts qu’il faut faire pour faire vivre la coopérative ».

Françoise vient d’adhérer aujourd’hui, mais elle reçoit les informations depuis un mois. Elle tient dans ses mains un pot de moutarde et un pot d’olives. « Je suis convaincue, à la retraite, j’ai les pieds sur terre. La qualité des produits ne doit pas être réservée aux gens qui ont de l’argent. La cuisine est bonne si les produits sont bien choisis. Il y en a marre de toujours faire référence aux hypermarchés. La société va évoluer si le peuple apporte des solutions ».

Prochaines ouvertures au public :

Vendredi 23 février de 11h à 14h, samedi 24 février de 10h à 13h, mardi 27 février de 17h à 20 h, vendredi 2 mars de 17 à 20 h.


*La Park Slope Food Coop fondée en 1973 dans le quartier de Brooklyn à New York, la plus grande réussite de ce modèle économique et politique, comptait 16 000 adhérents en 2013.

La Park Slope Food Coop à New-York
La Park Slope Food Coop à New-York