Les Agents de surveillance de la voie publique (ASVP) vont avoir de nouvelles missions : retour sur un conflit social à la Mairie de Montpellier.

Suite aux modifications de la gestion du stationnement à Montpellier, les agents municipaux qui avaient en charge le contrôle de celui-ci et la notification des PV pour non-paiement vont devoir changer de missions. Ils sont actuellement en conflit avec la Mairie, ils ont fait grève en décembre, car ils ne se retrouvent pas dans les nouvelles conditions qui leur sont imposées.

Le stationnement entre les mains de la TAM pour 7 ans

L’État ayant confié la gestion du stationnement aux Mairies, beaucoup ont choisi de privatiser ce service public, en mettant en place une Délégation de service public (DSP) : à Montpellier, c’est la TAM qui a emporté le marché pour 7 ans.

La TAM est maintenant chargée de changer tous les parcmètres et de réaliser la verbalisation pour les véhicules stationnés sans tickets valables. La Mairie de Montpellier a choisi de revoir entièrement la tarification et le zonage avec des augmentations substantielles (voir article).

Les ASVP, qui sont actuellement 38 agents avec un statut de fonctionnaire territorial ont fait grève au mois de décembre pour s’opposer  :

  • au transfert de certains d’entre eux à la TAM : ce transfert a été fait sur la base du volontariat (7 agents doivent partir à la TAM) ;
  • à la volonté de la mairie de changer leurs missions en les faisant verbaliser non plus le stationnement (puisque ce seront des agents TAM qui le feront) mais de verbaliser ceux qui ne respectent pas la propreté de l’espace public : une Brigade de Régulation de l’Espace public forte de 32 agents a été crée par la Mairie et la TAM est chargée de mettre en place une équipe de verbalisation forte de 26 agents (dont les 7 transférés) ;
  • Et surtout de calquer leurs horaires sur la demande des habitants : 7h10-20h.

Le Maire leur a expliqué que les Montpelliérains lors des réunions de quartier avaient demandé leur présence sur une plage horaire plus grande. Mais n’essaye-t-il pas d’embrouiller ses concitoyens ?

Les ASVP, rebaptisés Brigade de Régulation de l’Espace public, ne sont pas des policiers municipaux, et bien qu’étant en uniforme, ils n’ont pas une mission de sécurité. D’ailleurs ils n’ont ni la formation ni les primes (de risque notamment) de leurs collègues de la police municipale.

La Mairie leur a dit que la prévention était à privilégier

Ils sont très inquiets de se retrouver de fait, à gérer des conflits de voisinages : car les questions de propreté peuvent dégénérer. La verbalisation se fera-t-elle sur des flagrants délits ou de la délation ? La Mairie leur a dit que la prévention était à privilégier. Mais comment aborder les propriétaires de gros chiens qui ne ramasseraient pas les déjections de leurs compagnons canins ? Les agents ont-ils été formés à réagir en cas d’agressivité avec chien dangereux ? Comment aborder les fumeurs qui jettent leurs mégots n’importe où ?

Enfin ces nouveaux horaires (les précédents étaient 8h-17h30) posent des difficultés aux mères célibataires et aux parents en général, car ces horaires sont inadaptés aux horaires classiques des crèches et des garderies scolaires, alors que les précédents l’étaient, il leur faudra donc changer en cours d’année les horaires de leurs enfants.

Une augmentation de 30 euros bruts par mois

Mais après une semaine de grèves perlées, la Mairie est restée fermée aux revendications horaires des agents qui n’ont obtenu qu’une augmentation de 30 euros bruts par mois. Mais eux ne demandaient pas de compensation financière, mais plutôt une écoute sur leurs horaires et sur leurs missions. Ils n’ont pour l’instant pas été formés à la prévention ni à leurs nouvelles missions, alors qu’ils se retrouvent à devoir gérer les infractions de 5 codes : codes de la route (ils sont toujours en charge des stationnements gênants), code de l’environnement, de l’urbanisme…

Nouvelles missions prévues pour le 5 février

Les représentants de l’intersyndicale (les 5 syndicats de la Mairie les soutiennent) ont donné lors des vœux au personnel en main propre à Philippe Saurel, un courrier lui demandant de recevoir les agents avant qu’ils ne commencent leurs nouvelles missions (prévues pour le 5 février) : ils n’ont pas eu de réponse à ce jour. Un représentant de l’UNSA a déclaré : « Les agents sont très déçus de ne même pas avoir été reçus par le Maire et de savoir que leurs revendications n’ont pas été écoutées. » Ce dernier s’inquiète pour la qualité du service : « Comment les agents vont-ils bien travailler sans motivation ? »

Une intersyndicale doit avoir lieu lundi avec les ASVP. Vont-ils continuer leur mouvement ? La Mairie va-t-elle faire un geste en leur faveur ?