Jacques Cheminade à Montpellier : « le système prévoit la guerre de tous contre tous »

Qui est Jacques Cheminade ?

Trois fois candidat à la présidentielle en 1995, 2012 et 2017, année où il finira bon dernier avec 0,18% et 65 586 voix, moins qu’en 1995 et qu’en 2012 où il avait recueilli 0,28% et 0,25% des suffrages. Il fût aussi cinq fois candidat malheureux, ne parvenant pas à réunir les parrainages nécessaires en 1981, 1988, 2002 et 2007. En 2022, à 80 ans, Jacques Cheminade ne se représentera pas à la présidentielle.

Jacques Cheminade à Montpellier le 8 novembre 2017

Il est le président du parti Solidarité et Progrès depuis sa fondation en 1996. Son objet est « de combattre, en France et dans le monde, pour la paix par le développement économique et l’égalité des chances et contre l’usure financière et les idéologies du sol, du sang et de la race. Il défend pour chacun et entre les peuples le progrès matériel, intellectuel et moral. »  – Extraits des statuts – Article 2 – Objet

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Son idéologie reste difficile à classer sur l’échiquier politique, bien qu’il travaille étroitement avec son ami, Lyndon LaRouche, idéologue américain complotiste, homophobe et climatosceptique.

Jacques Cheminade mène plusieurs combats : la fin de l’euro, les projets spatiaux et surtout la lutte contre l’occupation financière – son slogan pendant la campagne -, avec l’idée de « créer un choc avant l’élection » pour peser sur le débat public.

« Nos dirigeants sont soumis à un adversaire qu’aucun n’a osé affronter. C’est bien sûr la finance sans foi ni loi » osait-il même dans son clip de campagne.

Une réunion-débat à Montpellier : « Face à la contre-révolution libérale autoritaire, les solutions ! »

Ils étaient près de vingt-cinq, mercredi 8 novembre, à être venus écouter Jacques Cheminade.

Jacques Cheminade commence par une introduction sur son long combat contre « l’empire  financier », invoquant tour à tour des figures tutélaires de la gauche traditionnelle à la droite. Il enchaîne avec une pique sur sa rencontre avec Macron, alors qu’il était ministre sous la présidence Hollande : « cet homme est une éponge ». Il poursuit avec quelques considérations sur la nature humaine, « l’Homme est un prédateur », fustigeant au passage végétariens et végans, dans leur combat vain puisque « les légumes souffrent » et « les arbres communiquent entre eux ». « L’Homme ne peut pas s’empêcher d’être un prédateur, mais il peut se limiter » conclut-il. L’art contemporain en prendra aussi pour son grade : eux, les financiers qui « embobinent les gens avec ce truc de l’art contemporain ».

Jacques Cheminade à Montpellier le 8 novembre 2017

Très vite son mantra revient : « l’ultra libéralisme est un système de dictature financière », nourri d’une définition toute personnelle de l’économie, « création humaine », grâce à laquelle « vous transformez l’univers ». Il précise une action à entreprendre très vite : « couper les banques en deux », soit séparer banque d’affaire et banque de dépôt. Il conclut avec malice : « s’il n’y a pas solidarité, il ne peut pas y avoir de progrès ».

Sur l’espace, « on m’a caricaturé » : « l’espace c’est un défi, aller au-delà du connu ».

Le propos est vif mais reste confus, quitte à perdre ceux qui tentent de le comprendre. On a rapidement l’impression qu’il veut tant en dire, qu’il inscrit son discours dans une stature plus que dans une clarté. A titre d’exemple : « aujourd’hui les possessions possèdent les gens qui ont les possessions ».

Jacques Cheminade à Montpellier le 8 novembre 2017

Il a quelques fulgurances étonnantes, notamment sur le bonheur des chinois : « le bonheur on le voit en Chine, on pense que ce sera meilleur après, on pense les jours heureux ». Il ajoute le « rôle destructeur mentalement des jeux vidéos », ou encore l’avenir dangereux qui attend le monde : « une guerre cybernétique d’abord, puis une guerre nucléaire après, puisque le système prévoit la guerre de tous contre tous ».

On pourra conclure sur le portrait qu’il dressait lui-même de ses caricatures, « agent de Saddam Hussein », « du KGB », « un malade, un fou » en 1995, un illuminé qui croit aux « petits hommes verts » en 2012, puis un « vieux aux propos trop compliqués » en 2017. Gageons qu’il ne s’arrêtera pas là, les européennes approchent …

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