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Une seule question : comment se débarrasser  de Macron et de ses relais locaux ? On ne peut pas attendre 2022 ou 2026 !

Lors du conseil municipal de ce lundi 8 février, le maire PS de Montpellier a décidé de régler le problème  des revendications des personnels de cantine de la ville avec une méthode digne des patrons de choc : utiliser la loi de 2019 Macron-Dussopt de « transformation de la fonction publique » pour limiter le droit de grève. Alors même que les 5 syndicats présents au CT (comité technique) ont voté contre cette proposition ! Argument avancé par une élue : des parents d’élèves ont perdu leur emploi à cause des désorganisations  entrainées.

Argument aussi percutant qu’invérifiable. On peut s’étonner de ce soudain intérêt pour les salariés qui  perdent leur emploi. Quand il s’agit des licenciements à Sanofi, à Schneider Electric, ou à IBM, les mêmes  n’ont pas l’air boulversés. Pourtant les pertes d’emploi sont avérées.

Ainsi la municipalité fait jouer l’article 56 de la loi du 6 aout 2019 dite « transformation de la fonction  publique » : « Dans le cas où un préavis de grève a été déposé dans les conditions prévues à l’article L.  2512-2 du code du travail et en vue de l’organisation du service public et de l’information des usagers, les  agents des services mentionnés au I du présent article informent, au plus tard quarante-huit heures avant de  participer à la grève, comprenant au moins un jour ouvré, l’autorité territoriale ou la personne désignée par  elle, de leur intention d’y participer. »

Remarquons que dans la fonction publique territoriale c’est la collectivité territoriale qui est employeur. Les  règles d’avancement et les promotions impliquent une décision de l’employeur, parfois après un avis d’une  CAP, avis qui n’est pas contraignant pour l’employeur. En faisant se déclarer les grévistes 48 heures avant,  se constitue un fichier, protégé en théorie par le secret professionnel. Mais en théorie seulement.

Or comme l’a justement résumé Laurent Mateu : « Nous nous sommes rendu compte qu’un mandat  syndical bloque les carrières. Que cela soit en matière d’avancement ou de formation. Reprendre une  activité dans une collectivité est très compliqué après un mandat et souvent, cela se traduit par une mise au  placard de l’agent car il y a une frilosité des RH à leur égard », explique Laurent Mateu, militant  syndicaliste et auteur d’un rapport dans le cadre du Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale1.

En théorie la discrimination syndicale n’existe pas. En théorie seulement.

Nous remarquons cependant que cette fois-ci, la majorité n’a pas totalement suivi le maire actuel. Ont voté  CONTRE : certains élus communistes, de même que Clothilde Ollier et Alenka Doulain et une partie des élus proches de Saurel ; ont voté POUR : les élus PS, EELV, Hind Emad (PC) et les élus proches de Mohed  Altrad. EELV a tenu à préciser que leur vote était un « petit pour » ! A défaut de réduire les émissions de  CO2, au moins auront-ils fait baisser les taux de grévistes.

Macron est fragilisé, ce qui pousse de plus en plus d’élus locaux à prendre en charge sa politique. Habituellement chargés des « affaires courantes » et de la gestion des prérogatives communales, on voit  maintenant des élus, de droite comme de gauche (si ces termes ont encore un sens), prendre part à la  promotion des contre-réformes et des mesures de régression. Nous avons donc un maire, lui aussi fragilisé  par une élection marquée par 65 % d’abstentions et une triangulaire, qui applique les privatisations, attaque le droit de grève, participe à l’application avant l’heure de la loi séparatisme, vante la verbalisation des livreurs etc. Bien entendu, comme les autres, il pointe du doigt la menace « séparatiste » des Musulmans.

La presse d’extrême droite (Valeurs Actuelles) peut s’en réjouir, avec d’autres plus « présentables ». Mais une question politique se pose maintenant : ces « mal élus » nous représentent-ils vraiment ? Poser la  question, c’est y répondre. Macron, comme la majorité du conseil municipal, ne nous représentent pas. Il  faudra bien les chasser, eux et leur politique commune.

L’immense majorité des Montpelliérains, comme des Français, ne se reconnaissent pas dans cette politique. Ils la rejettent, ils n’en veulent pas.

Le COVID n’y pourra rien : il faut faire place nette.  

La question de la construction d’une force qui aide à ce que les 65% d’abstentionnistes comme les déçus qui  n’avaient pas envisagÉ une telle politique, puissent résister et passer à la reconquête.

Les militants du POI aideront, par la discussion et l’activité dans les mobilisations en cours, à dégager une  telle perspective.

POI – comité de Montpellier

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