[TRIBUNE] Les fleurs plus fortes que la crise de la covid-19. Proposition du député de l’Hérault Patrick Vignal pour sauver la filière de production horticole dans une crise, où pure concurrence et opposition économique doivent cesser et laisser place au partenariat et à la complémentarité économique qui permettront de la surmonter.

Je sais à quel point la situation est difficile pour les commerces qui voient leur activité stoppée net. Nous pouvons et devons rebondir face à cette crise. Les fleurs peuvent nous montrer la route.

Aujourd’hui, les fleuristes, les jardineries et pépiniéristes qui étaient livrés par des horticulteurs sont fermés. Cela représente des milliers de fleurs et de produits jetés à la poubelle. La grande distribution, quant à elle, reste ouverte. Ensemble, ils peuvent montrer que l’on peut réinventer une relation économique unie pour surmonter la crise.

Comment ?

Je propose, en tant que parlementaire et spécialiste des centres-villes, de créer un droit d’asile pour les produits des horticulteurs et pépiniéristes dans les grandes surfaces et chez les fleuristes en click and collect volontaire. Ces produits seraient mis à la vente, et leurs bénéfices pourraient alimenter un fonds départemental de solidarité géré par les fleuristes.

Je n’y vois que des avantages

Les magasins seraient fleuris, ce qui pourrait permettre de faire retomber un peu de tension en ces temps compliqués. Cette mise à disposition n’amène pas de flux supplémentaire, et l’on continue la bataille contre le virus en prenant en compte les nécessaires mesures sanitaires actuelles.

Je sais les Français solidaires : ils achèteront des fleurs pour soutenir cette filière. Et les fleurs ramèneront de la vie et de la nature dans les espaces où nous vivons confinés. Enfin, et surtout, cette nouvelle manière de s’entraider sur le plan économique éviterait à la filière horticole et pépinière française de faire faillite à chacun des échelons.

Une proposition réaliste

J’ai pris attache au niveau local et national avec plusieurs acteurs de cette filière, qui ont répondu favorablement à la faisabilité de cette proposition. La mise en place serait simple et les effets seraient à la fois positifs et immédiats. Enfin, sur le long terme, le fonds de solidarité pour les professionnels en difficulté permettrait de sauver les entreprises, les plus en difficulté.

Solidaires et coordonnés

Divisés et seuls, nous perdons. Dans une filière, une entreprise de la chaîne qui ferme oblige les autres à fermer ensuite. Mais si nous ramons tous, solidaires, coordonnés, dans le même sens, nous nous sauvons tous. Profits et pertes peuvent être partagés.

En tant qu’élu de notre République française, je considère que le politique doit oser essayer, proposer, bousculer les habitudes pour tous nous amener vers une amélioration sociétale et économique. Prenons cette crise majeure pour une occasion de nous réinventer positivement. Les soignants montrent la voie, chaque jour, face à un danger mortel. Inspirons-nous de leur force, de leur capacité à imaginer et faire face, de manière solidaire, pour avancer ensemble.

La question aujourd’hui n’est pas de gagner de l’argent, de faire fortune, comme certains tentent de le faire aux dépens d’autres en ces temps de crise, mais de se serrer les coudes intelligemment. C’est un chef d’entreprise dans la vie civile qui le dit. Avec un seul objectif majeur : surmonter ensemble les conséquences économiques du confinement afin de pouvoir agir ensemble, demain, différemment.

C’est cela faire société et se battre pour continuer à faire société.

Patrick Vignal
Député de l’Hérault