« Un appel à l’aide », « un appel au secours », « un cri d’alarme ». Les mots utilisés par les syndicalistes de Force Ouvrière sont forts. L’inquiétude prévaut au sein des syndicats enseignants sur Montpellier. C’est peu de le dire. État des lieux avec Force Ouvrière Education.

« On a entendu partout, dans tous les médias de l’Hérault, que Michaël Delafosse, néo Maire de Montpellier voulait un dialogue social apaisé et constant avec les organisations syndicales dans les écoles surtout. Depuis, qu’il est élu, en fait, on est sûrs d’une chose. Le dialogue social est apaisé… Il n’y a aucun dialogue, aucune rencontre, rien ! ». Le pavé dans la mare est balancé par Cécile Jourdan, Secrétaire Générale Force Ouvrière Education sur la ville de Montpellier.

Un rassemblement devant la mairie est prévu mercredi 14 octobre à 15h00, afin d’accompagner et de soutenir la délégation de professeurs des écoles qui demande à être reçue conjointement par le maire et le DASEN.

« Nos agents sont courageux… »

Particulièrement bavarde, la syndicaliste ne manque pas d’exemples pour détailler la situation « catastrophique » du monde éducatif. « Nos agents sont courageux, ils sont travailleurs et on leur demande d’être toujours plus polyvalents et ils le sont », affirme la jeune femme. Mais alors, tout va bien, non ? Vraiment pas ! « Nos Agents Spécialisés pour les Écoles Maternelles (Atsem.) souffrent beaucoup. Ils manquent tout à la fois de motivation et de reconnaissance. Ils nous en parlent tout le temps. On les maltraite ». La conséquence semble inéluctable, à écouter Cécile Jourdan, elle-même Atsem en disponibilité syndicale. « De plus en plus, nos syndiqués qui sont agents d’entretien, Atsem se mettent en arrêt maladie. Ils sont soit en dépression, soit fatigués, soit les 2 », claque, l’intarissable la jeune femme, consciente de la gravité de la situation.

Conséquence directe des arrêts maladie à foison, le niveau de l’absentéisme reste particulièrement élevé. Mais là, Cécile Jourdan peine à fournir des chiffres, pas vraiment aidée par sa camarade syndicaliste, Sabine Raynaud. Dommage, quand on sait que le secteur éducation de la Ville de Montpellier était nationalement connu, il y a quelques années, pour avoir un taux d’absentéisme record au niveau national. 

La Covid n’a vraiment pas amélioré la situation ! 

« La situation était déjà critique ces dernières années », répète Cécile Jourdan, sans toutefois assortir son affirmation de chiffres. Elle complète que « la Covid n’a fait qu’aggraver une situation déjà problématique ».

« Les conditions de travail dans nos écoles ne sont pas acceptables », déplore-t-elle avant de confier que « près de 40% de nos agents ne vont pas travailler en période de Covid ». Un chiffre qui semble effarer beaucoup de gens, et même sa propre voisine de conférence, Sabine Raynaud. 

« Normalement, il faut que les enfants se lavent quasiment 8 fois par jour, les mains. Si on respecte le protocole sanitaire qui est imposé, c’est ça la règle. Mais cela engendre des stocks d’essuie-mains et de savon liquide qui s’effondrent et ne sont pas toujours remplacés. Je ne dirai pas dans quelles écoles, mais dans certaines de celles-ci à Montpellier, les enfants se passent à peine les mains à l’eau », signale Sabine Raynaud, elle-même enseignante dans une école spécialisée dans le quartier Aiguelongue. 

Après le désormais célèbre « La France a peur », lancé en par Roger Gicquel en 1976, Cécile Jourdan répète à l’envi que « les gens qui viennent nous voir vont travailler, mais ils ont peur. De plus en plus, ils ont peur de la Covid donc ils ne vont plus travailler ». Vous avez dit « cercle vicieux » ? 

N’hésitant à pas répéter à maintes reprises que depuis juillet 2020, « aucun dialogue social entre la ville et le monde éducatif n’existe », la question se pose de la gestion de la crise par les édiles précédents. Pragmatique, Cécile Jourdan résume sa pensée en deux phrases. Implacable. «Avec Hélène Mandroux, certaines choses ont été faites. Ce n’était pas suffisant, mais c’était fait. On pouvait discuter. Après, avec Philippe Saurel, cela a été différent. Je ne regrette clairement pas le personnage. Mais au moins, avec lui, on pouvait discuter, échanger. Nous FO, nous avons été reçus par M. Saurel plusieurs fois chaque année. Et, il nous recevait aussi plusieurs fois par an, en intersyndicale, avec la CGT et les autres ».

Il faut donc espérer que dans les prochaines semaines et les prochains mois, le dialogue social s’instaure et s’installe durablement entre le Maire Michaël Delafosse, Fanny Dombre Costes, la première adjointe en charge de l’éducation et les syndicats de l’enseignement dont fait partie intégrante Force Ouvrière. Ça tombe bien. Les deux jeunes femmes ont appris, durant le point presse, qu’une rencontre avec Fanny Dombre Costes, elle-même, se fera dans la matinée du 29 octobre prochain, dans les locaux de la Mairie.