[Communiqué de presse] Les faucheurs de marguerites

Les faucheurs de marguerites (CR)

Le Petit Prince n’aurait-il plus la cote ?

Autrefois mis au banc des supers héros, les pionniers de l’aviation, les frères Weight, Guynemer, St Exupéry et tous les autres connaîtraient de nos jours, bon nombre de critiques et à juste titre.

Aujourd’hui, ce magnifique titre qu’était le leur de « faucheurs de Marguerite » pour  voler sur des prés odorants de mille senteurs dont celle des Marguerites et pouvant quasiment les toucher,  se retrouvent aujourd’hui au banc des accusés et les senteurs ont un goût amer d’hydrocarbures et de CO2 entraînant par là même un changement à 360° du terme « Les faucheurs de Marguerites ». Nos faucheurs ne fauchent plus, ils rasent, détruisent, pulvérisent le vivant et nous regardons passer  l’avion !

Il n’est plus à prouver  de l’effet conséquent de l’aviation sur les raisons du changement climatique.  Pourtant tout ne se résume pas à dire stop aux avions d’un coup. L’écologie doit être porteuse de solutions tant environnementales, qu’économiques et sociales, stopper nette cette économie reviendrait à mettre bon nombre de gens en difficulté et en situation précaire. Ne pas revenir en arrière est un des principes fondamentales de l’écologie, concernant cette industrie, il ne s’agit pas de revenir en arrière, mais plus de penser l’aviation de demain avant que les progrès de la science inventent des moyens propres pour se déplacer dans le ciel.

L’industrie aéronautique a généré 915 millions de tonnes d’émissions de carbone en 2019, ce qui représente 2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Comment laisser faire tout et n’importe quoi, les vols direction nulle part, en Australie, en Asie, 10 minutes pour vendre 134 billets entre 500 et 2 300 euros pour faire un Sidney – Sidney, aller voir la grande barrière de corail tout en sachant que ce vol va contribuer à la faire disparaître. Permettre à plus de compagnies Low cost, comme la compagnie espagnole Vueling d’ouvrir des lignes régulières comme un Montpellier – Paris à 29 €, les exemples ne manquent pas !

Interdire les vols intérieurs tout du moins les baisser considérablement quand un Montpellier – Paris produit 85.1kg de CO2 pour un simple vol aller alors qu’en train on arrive à 1.9 kg CO2.

Pourquoi continuer dans cette voie, celle du profit, des investisseurs, des actionnaires, du capitalisme et de la destruction du vivant ?

A Montpellier, les actionnaires de l’aéroport,  à savoir l’Etat (60%), la CCI de l’Hérault (25%), le département de l’Hérault (7%), la Région Occitanie (6,5%), l’Agglo du Pays de l’Or (1%) et Montpellier Métropole (0,5%) ont donné le feu vert à la société AMM pour une première tranche d’investissements de 26,6 M€.

Pire, ils ont déjà décidé, sans nous, en permettant à  « La plateforme montpelliéraine d’investir 70 M€ jusqu’en 2025 afin d’accroître ses capacités et améliorer ses services, en sus de la construction d’un complexe hôtelier et de bâtiments de bureaux. »

Comment peut-on laisser faire cela encore. Tant d’argent investi pour détruire un peu plus le vivant et les espaces agricoles. Sur la zone de l’Aéroport, point de marguerites en vue, mais du béton, du béton et encore du béton.

Pour cela, repensons l’aéronautique, proposons des solutions alternatives, le train pour commencer quand on sait qu’il pollue 80 fois moins que l’avion, le train de nuit, des tarifs plus attractifs pour les usagers du rail. Développons le tourisme local durable et arrêtons de vouloir faire du tourisme de masse. Nous n’imaginons même pas la catastrophe écologique avec le développement de l’aéroport et le vœu de la CCI et de son Président de vouloir quadrupler voire plus, le nombre de navires de croisière à Sète etc etc etc…

La liste est longue et le temps se raccourcit.

Et si ces décideurs étaient un peu moins décideurs, et s’ils arrêtaient de décider pour nous et dans leur coin avec le monde de la finance.

Il est peut-être temps de partager les rôles pour des prises de décisions, de responsabilités, des solutions alternatives et durables et cela ne pourra se faire qu’avec les Citoyens et l’expertise que nous avons toutes et tous dans nos vies respectives.

Soyons la source du changement ensemble !

Collectif Citoyens Pour le Climat – Montpellier