Polémiques sur la violence policière : faut-il interdire les armes mutilantes ?

Illustration - Intervention des forces de l'ordre à Montpellier (CR)

Lanceurs de balles de défense, grenades de désencerclement ou encore grenades assourdissantes lacrymogènes, toutes ces armes dites mutilantes, sèment-elles l’ordre ou le drame ? La campagne « STOP ARMES MUTILANTES » dénonce les violences policières. 

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Lancée l’année dernière, cette campagne dénonce et demande l’interdiction de l’utilisation de ces armes  aux conséquences dramatiques. De nombreuses personnes participant à des mouvements sociaux (gilets jaunes, défense des retraites, mouvement des personnels de santé, etc) auraient tous été confronté aux comportements violents des force de l’Ordre.

La mort brutale de Cédric Chouviat étouffé suite à une technique de plaquage ventral pour un simple contrôle routier amène forcément aux questionnements. De même, la période pré et post-confinement n’a fait qu’empirer les polémiques. Les populations les plus démunies seraient les plus enclines à subir cette répression : migrants délogés brutalement, ou encore, fillette de 5 ans tombant dans le coma à la suite à de tirs de LBD à Chanteloup-Les-Vignes. 10 décès causés par des actions policières, auraient été recensés dont celle de Mohamed Gabsi à Béziers, également mort asphyxié.

La violence est-elle réellement vectrice de cohésion, de respect et de sécurité ? La dualité conflictuelle entre l’anarchie et l’autorité s’estompera-t-elle un jour ?

Ces armes mutilantes seraient massivement utilisées en France. Par ailleurs, de nombreuses organisations syndicales, politiques, associatives ou institutionnelles tendent à les dénoncer. Même les fictions telles que « Dernière Sommation » de David Dufresnes, ou encore « Les Misérables » , un film de Ladj Ly essaient de faire prendre conscience au public, l’ampleur de ces problématiques. Car l’utilisation de ces armes, entraînent non seulement mutilations, mais aussi dommages psychologiques.

Les plaintes et recours déposés par les victimes de ces violences policières, n’amèneraient guère à des décisions jugées acceptables par les plaignants. De nombreux responsables politiques continueraient de justifier les actions policières, soit ouvertement, soit implicitement sans regret et sans aucune considération pour les personnes affectées. La campagne Stop Armes Mutilantes soupçonnerait également une certaine forme de racisme

La France, championne européenne des armes mutilantes ?

Le gouvernement français présente les armes mutilantes, dites « non-létales », comme des armes permettant d’éviter l’emploi d’armes plus meurtrières. Ceci-dit, l’expression « plus meurtrière » semble déjà en dire long sur la situation. Le renforcement des violences policières ces dix dernières années semble être causé par l’utilisation de ces armes devenues un élément central dans le contrôle des populations.

La France serait l’un des pays d’Europe à les utiliser le plus. Les entreprises françaises d’armes mutilantes se positionnent effectivement à l’international. C’est le cas des manifestations libanaises à la suite des explosions à Beyrouth, qui ont été réprimées par des armes produites par la société française Alsetex, fabricant d’armes et de munitions. D’autres entreprises françaises auraient également livré des armes policières en Tunisie, en République Démocratique du Congo ou au Kenya.