Les organisations sous signées constatent que le discours du gouvernement relayé par les préfets et certains médias, unilatéralement catastrophistes et alarmistes, prenant prétexte d’une recrudescence des contaminations, s’accompagnent de menaces de plus en plus nettes contre les libertés démocratiques. 

En effet, le préfet de l’Hérault a interdit plusieurs manifestations festives et annonce de nouvelles mesures. Celles-ci sont prises sur le fondement du décret du 10 juillet 2020 « prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 ».

Celui-ci édicte : « Les organisateurs des rassemblements, réunions ou activités mentionnés au I mettant en présence de manière simultanée plus de dix personnes adressent au préfet… une déclaration contenant les mentions prévues… en y précisant, en outre, les mesures qu’ils mettent en œuvre afin de garantir le respect des dispositions de l’article 1er du présent décret. » C’est une première menace sur la possibilité de se rassembler, sans parler des manifestations de plus de 5000 personnes, qui sont toutes interdites a priori.

Nous apprenons maintenant que d’autres mesures restrictives vont venir. 

Nous ne sommes pas des organisations scientifiques. Cependant, nous savons que le gouvernement fait face à un mécontentement populaire, et que deux manifestations sont annoncées, l’une par les Gilets Jaunes et citoyens le 12 septembre, l’autre par des organisations le 17 du même mois.

Le gouvernement et les préfets ne seront-ils pas tentés de les interdire, au nom de la lutte contre la Covid19au nom de la lutte contre la Covid19 ?

Par ailleurs, l’obligation du port du masque en ville n’est envisagée que sous l’angle répressif et risque fort d’être l’occasion de nouveaux abus de la part de la police, comme ce fut le cas récemment envers un employé de supermarché à Breil sur Roya dans les Alpes Maritimes.

Nous estimons que les indispensables précautions sanitaires à prendre ne doivent en aucun cas être un prétexte à remettre en cause les libertés collectives, en particulier celle de manifester. Elles ont été largement réduites dans les mois qui ont précédé, qu’il y ait eu épidémie ou non.

Nous en appelons à la plus grande vigilance, et nous nous opposerons à tout abus de pouvoir et à toute tentative d’interdire les rassemblements porteurs de revendications sociales, ouvrières ou démocratiques.

Premiers signataires : PCF34, PG34, NPA34, POI34, Fédération Unie 34 de la Libre Pensée, Campagne BDS France Montpellier, Convergence34, Gilets Jaunes du Rond-Point des Près d’Arènes, Gilets Jaunes Bittérois, Gilets Jaunes Pic Saint Loup, Gilets Jaunes de Gignac et alentours, CNT Education Social-Services 34, Attac Montpellier, SNTRS CGT 34, le mouvement de la paix 34, ANV COP21…