Mis à jour ven. 26 juin à 19h15

Révélée par Gérard Prato lors d’un récent débat télévisé, l’affaire d’une possible utilisation frauduleuse des fonds de l’association Neptune Olympique Frontignan (NOF), véritable fleuron du sport frontignanais, n’en finit plus de faire des vagues dans la ville, parmi les élus et les habitants. État des lieux.

C’est une situation rarement vue auparavant. À quelques jours d’un second tour décisif pour la cité héraultaise, Mireille Bertrand, ancienne dirigeante bénévole de l’association et jusqu’alors adjointe aux finances du maire sortant, Pierre Bouldoire et colistière de Michel Arrouy a démissionné.

Joint par téléphone, Loïc Linarès confirme que « le maire sortant, Pierre Bouldoire, a expressément demandé à Mme Bertrand de démissionner, dès qu’il a été informé de cette histoire. Celle-ci a donc démissionné et s’est mise totalement en retrait de la campagne actuelle pour se consacrer entièrement à cette affaire ».

Mais ce qui « surprend » le plus, le directeur de campagne du candidat Arrouy, c’est « le timing de cette affaire ». Il revient sur la chronologie des évènements. « C’était mardi dernier, je crois. On est prêts pour un débat télévisé, enregistré sur le plateau de France 3. Messieurs Arrouy et Prato y sont présents. Et, pendant ce débat, le site Lengadoc.info, proche des idées d’extrême droite, sort cette affaire. Un article est publié sur cette histoire des fonds de l’association qui gère le NOF. Donc, l’info sort sur le plateau. C’est étonnant, quand même ». « Les faits qui sont présentés dans cet article-là ne sont clairement pas avérés. De notre côté, on attend de voir franchement, ce que va en dire la justice. Mais dès qu’il a été informé de cette histoire, le Maire de Frontignan a demandé à son adjointe aux finances de démissionner. Ce qu’elle a fait. Nous en sommes là. », détaille Loïc Linarès.

Accablé par une affaire judiciaire, le camp Arrouy n’accuse pas le coup. Bien au contraire, la patience est de rigueur. Le candidat se veut serein. « Michel Arrouy a salué, dans un communiqué de presse tout récent, le sens des responsabilités de Mme Bertrand et il patiente. En attendant, il est tous les jours au contact des Frontignanais, qui, ne sont eux, clairement pas dupes des méthodes utilisées par le Front National, devenu Rassemblement National », conclut, confiant, Loïc Linarès.

De l’autre côté de l’échiquier politique, le son de cloches est radicalement différent.

Contacté par le mouvement, Gérard Prato a estimé que « c’est une très très grosse affaire, qui fait beaucoup de bruit ». 

La chronologie des évènements concorde de ce côté-là avec celle fournie par Loïc Linarès. Mais la perception en est radicalement différente. « Monsieur Bouldoire a demandé à son adjointe aux finances de démissionner. Elle l’a fait tout de suite. Elle se met en retrait de la campagne, car elle ne peut pas faire autrement, et ce, même s’il reste quelques jours avant le second tour », estime Gérard Prato. 

Ce dernier relève que « la mairie de Frontignan est en panique totale. C’est clair. En plus, l’article publié dévoile des chiffres très précis sur les retraits faits en banque et les dépenses faites avec la carte bleue du club, donc par Mireille Bertrand ». Gérard Prato tient à souligner que depuis la sortie de ce fameux article, « la municipalité communique beaucoup, a envoyé beaucoup de communiqués de presse, mais pas une once de démenti ». Gérard Prato voit dans cette communication d’urgence, « une forme d’aveu qui ne dit pas son nom » 

Interrogé sur la suite de la campagne et le possible dénouement, dimanche 28 juin, du second tour, Gérard Prato attend de voir et ne fait pas de pronostic sur le résultat des urnes. Dans cette affaire, une seule chose est sûre : les Frontignanais ont l’avenir politique de leur commune entre leurs mains. Pour l’avenir de Mireille Bertrand notamment, la justice tranchera…… Dans quelque temps.