Madame la Directrice [Régionale-Adjointe, Responsable de l’Unité Départementale du Gard de la DIRECCTE],

La situation des salariés, telle qu’elle remonte à nos organisations, est difficile face aux injonctions contradictoires entre protection associée au confinement et maintien de l’activité économique. Les réalités nous alarment.

Les pressions sont fortes et s’accélèrent de jour en jour sur les travailleurs pour continuer l’activité sans que les règles d’hygiène et de sécurité soient mises en place et sans moyen de protection ou avec des moyens insuffisants (distances de sécurité, gels hydro alcoolique, équipements individuels de protection …).

Ces pressions s’exercent aussi de plus en plus pour la reprendre quand elle a été arrêtée sans aucune assurance que la sécurité des salariés sera assurée. Parfois la pression devient chantage au maintien du salaire, à l’octroi d’une prime, à l’emploi.

Ceci concerne les activités vitales pour notre pays immédiatement : santé, approvisionnement alimentaire … mais aussi tout un ensemble d’activités qui le sont moins ou pas. Ceci concerne des grands groupes industriels et des entreprises de toutes tailles.

Nous traversons une situation inédite et exceptionnelle où la pandémie relative au COVID19 a conduit le gouvernement à déclencher le plan d’urgence sanitaire dans notre pays. 

Il est indispensable que des mesures visant à la santé des citoyens et des salarié.e.s soient prises en compte et ce serait « un crime de guerre » (pour reprendre l’expression « Etat de Guerre sanitaire » de Monsieur MACRON, Président de la république), que les services de l’Etat ne mettent pas les moyens nécessaires à la protection des personnels de santé, et des salariés de toutes les entreprises qui continuent leurs activités qu’elles soient vitales ou non.

Certains secteurs sont particulièrement actifs dans ces démarches privilégiant l’activité économique à la protection de leurs salariés et à la santé publique, par exemple la métallurgie, l’agro-alimentaire, …

D’après les informations qui nous arrivent par nos organisations, sont particulièrement préoccupantes les situations des salarié.e.s de l’aide à domicile, des très petites entreprises, de la sous-traitance quel que soit le secteur du donneur d’ordre, les intérimaires, les travailleurs détachés, les saisonniers notamment agricoles.

Vous n’êtes pas sans connaitre la situation dans les services de santé, le transport, les commerces alimentaires, l’aide à domicile, l’agro-alimentaire… qui font parfois et même souvent la une des médias exposant des situations de mise en danger des personnels, des patients et des clients !

Nombreuses aussi sont les questions relatives aux inconnues sur les modes de contamination et donc sur les gestes de protection : distances réellement efficaces, transmission par contact avec les matériaux et matériels … y compris dans les milieux de la santé.

Nombreux sont aussi les syndicats qui relatent que leur entreprise se voit refuser les mesures d’accompagnement : chômage technique ou activité partielle. 

Nous vous alertons aussi sur ce qui se passe dans certaines entreprises et qui risque de laisser des traces profondes lors du retour à une situation normale, source de difficultés et de possibles conflictualités ultérieures. En effet beaucoup de syndicats nous évoquent des situations et des traitements très différents entre cadres et non-cadres dans les entreprises, mais aussi des menaces de licenciement si le personnel refuse de travailler la peur au ventre.

Assez souvent des salariés de production se trouvent aussi sans encadrement car les cadres sont en télétravail, ils sont ainsi amenés à résoudre seuls des problèmes de fonctionnement, voire de sécurité avec des risques importants pour eux, l’entreprise, l’environnement …

Certains syndicats nous font état de non-réponse de la part de la Direccte, ou de réponse ne permettant pas d’amener des solutions positives à cette situation anxiogène et dangereuse pour la vie des salariés concernés.

Nous demandons donc que la Direccte accorde la plus grande vigilance à résoudre ces situations dans le sens de l’intérêt des salariés, mais aussi de la population. 

Pour toutes ces raisons, nous demandons aussi la mise en place d’une cellule de veille ou de crise dans chaque Direccte au niveau régional et dans chaque unité territoriale au niveau départemental.

C’est ce que la CGT a demandé au niveau de la région Occitanie et que nous demandons pour l’Unité Territoriale du Gard afin que nos organisations puissent vous interpeller en temps réel pour trouver des solutions aux situations difficiles qui leur arrivent.

La CGT est aussi disponible pour travailler à l’élaboration d’une liste des secteurs, filières mais aussi d’entreprises dont l’activité est indispensable en cette période de catastrophe sanitaire mais aussi celles dont l’activité pourrait être orientée ou réorientée pour répondre aux urgences et aux besoins notamment en produits et matériels pour la santé.

Nous sommes bien entendu disponibles pour tout échange constructif.

Recevez, Madame la Directrice, nos respectueuses salutations ;

Le bureau de l’Union Départementale CGT 30