Les morts reviennent sur Terre, lorsqu’il n’y a plus de place en enfer. Cette théorie du phénomène zombie, métaphore de la perte de sens, illustre à merveille l’actualité.

L’enfer représente la connaissance incomprise par laquelle le peuple, ou l’individu pense et agit de façon irraisonnée. Le mort-vivant symbolise l’être humain dépourvu d’autonomie, appliquant avec zèle toute ordonnance de l’État. À l’égal d’une personne possiblement atteinte du coronavirus, le zombie contamine son prochain sans avoir conscience de sa maladie. Quelle meilleure allégorie de la démence ? 

Les informations perçues

Nos esprits conformés depuis la petite enfance par l’éducation scolaire ont été entraînés à ne considérer qu’une part des informations perçues. Pourtant nous ne sommes pas idiot(e)s. L’intuition pressent ce que l’intellect ne saisit pas. La part de connaissance incomprise se transforme en inconscient, et rejaillit dans nos comportements et dans nos actes. 

Lorsque le gouvernement a prononcé cette interdiction de sortir, ou cette obligation à rester enfermé(e)s, les jeunes ont immédiatement réagi en s’exprimant sur les réseaux sociaux. Beaucoup se sont rasé le crâne, comme les moines ou les militaires, signe d’obéissance. La profusion de photos de soi enfant ou bébé reflète la recherche de pureté (mentale). Jésus, Krishna, Bouddha et autres avatars sont avant tout des enfants, symbole d’un esprit libre et non encore corrompu. Enfin, laissons à votre interprétation le troisième phénomène majeur ayant déferlé sur internet : ce soudain engouement pour le papier toilette. Voici où nous en sommes. Là où l’esprit zombiesque ne voit qu’un trait d’humour, les rares survivant(e)s perspicaces comprennent ce qui régit les apparences. Oui, on nous dit de la merde. Plutôt que l’admettre, jouons avec du PQ.

Déambuler parmi ses semblables

En 2020. Sur internet, profusion de vidéos parfaitement montées et sous-titrées sont l’œuvre d’amateurs, et même d’adolescents. Comment le discours présidentiel du 12 mars a-t-il pu être accidentellement traduit en charabia (les sous-titres) ? Que penser de la mise en exergue du masque au sein du jeu médiatique, au-delà de sa potentielle utilité en cas d’épidémie (le masque symbolise la fausseté)? Autant de questions dérangeantes, indispensables pour qui souhaite retrouver une vision d’ensemble. Mais nous l’avons dit. Comme le vampire, le zombie ignore sa maladie. Déambulant parmi ses semblables, il ne songe plus qu’à contaminer celles et ceux qui, par leur faculté de discernement, survivent.

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