Il existe un temps pour agir, et un temps pour réfléchir. Aujourd’hui, nous sommes tous incontestablement mobilisés dans l’action, et la première action qui concerne tout le monde c’est de bien sûr respecter les consignes de sécurité, de rester chez soi, et de limiter les déplacements à l’absolue nécessité. 

Pour cela les salarié-e-s doivent avoir l’assurance de garanties et de respect de leurs droits, particulièrement en direction des plus précaires.

Pour les soignants, il n’en va pas de même… Et leurs établissements essayent de faire au mieux, face aux situations auxquelles ils sont confrontés. Cependant, leurs budgets ne le permettent pas toujours.

Depuis de nombreuses années, les soignants avec la CGT dénoncent le manque de moyens de l’hôpital public. Fermeture de lits, manque de personnel, organisations de travail à flux tendus, engorgement des urgences, manque de matériels adaptés… Aujourd’hui face à la crise, tout ce que les hospitaliers dénoncent et qui relève des politiques d’austérité mises en place par les gouvernements successifs nous sidère dans la terrible actualité que nous subissons.

Pénurie de masques, de gel hydroalcoolique, avec dans certains établissements publics, des tutoriels envoyés aux soignants pour qu’ils fabriquent et entretiennent eux-mêmes leurs matériels de protections individuelles.

Pénurie de lits de réanimation en prévision de l’affluence de personnes en grande détresse, qui oblige à transformer d’autres espaces des établissements de santé pour augmenter la capacité d’accueil et de soins nécessaires.

Pénurie de personnel, et mobilisation de ceux qui n’ont déjà pas pu récupérer leurs excédents d’heures des années précédentes…

Bien sûr, tous les hospitaliers feront face, et comme tous les agents de la fonction publique et de service public, dès que les conditions le réclament, ils répondent présent. 

Mais les envolées lyriques de notre président de la République, de notre ministre de la santé ne doivent pas rester de belles promesses, de celles qui rendent les enfants joyeux. Nous ne nous contenterons pas d’un merci, et de gratifications à caractère héroïque. La revalorisation des salaires et la reconnaissance de la pénibilité de nos métiers doivent être la médaille que recevront tous ceux qui participent au quotidien à l’effort collectif national !

Nous vivons dans le 5e pays le plus riche au monde où l’épidémie serait gérable si la politique de santé n’avait pas été fondée uniquement sur les critères de rentabilité et du libéralisme, un modèle qui fait la preuve de sa nocivité dans tous les pays où il est imposé.

Nous devons voir se mettre en place des moyens autres que ceux octroyés en début d’année par A. Buzin. La mise en place de la pérennisation de notre système de protection sociale est l’arrêt des distributions de dividendes par les entreprises du CAC 40.

Dans les hôpitaux et les EPHAD, pour répondre correctement aux besoins de santé de la population en toutes circonstances, la CGT évalue à au moins 400 000 emplois supplémentaires nécessaires en France, c’est environ 2500 pour le Gard.

De plus la suppression de la taxe sur les salaires des hospitaliers 4 milliards d’euros, qui permettrait de créer plusieurs milliers d’embauches.

Cette épidémie démontre concrètement le besoin urgent de reconstruire notre système de santé à partir des besoins des populations, des centres de santé publics rattachés à l’hôpital public et un financement par la sécurité sociale de 100% des soins prescrits.

Elle fait aussi la démonstration de la nécessité du vivre ensemble, pas du chacun pour soi. Vivre ensemble c’est aussi se protéger et protéger les autres pour éviter des drames humains, c’est aussi préserver les ressources de notre planète et de l’environnement, tout ce que le libéralisme ne favorise pas.

Bon courage à toutes et tous, quand le temps de l’action contre cette crise sanitaire sera passé, retrouvons-nous tous ensemble pour gagner des conquêtes sociales à la hauteur de nos besoins sociaux, sociétaux et environnementaux digne du 21ème siècle!

USD CGT 30