La période historique qui a été ouverte par la mobilisation des GJ depuis novembre 2018 ne s’est pas refermée. Partis d’un refus d’une taxe injuste, nous en avons déduit que nous ne voulions plus d’un système politique au service des intérêts de quelques-uns.

Nous avons été à la rencontre des syndicalistes, de leurs organisations et nous avons été de toutes les manifestations pour exiger le retrait de la contre-réforme des retraites. Si cette revendication fut la nôtre, nous avons toujours rappelé que notre volonté ne s’arrêtait pas là, et que nous voulions également reconquérir la démocratie, en finir avec la caste des politiciens, et exiger justice pour les violences policières et interdiction des armes létales dont notre mouvement n’a été que trop scandaleusement victime.

De son côté, le gouvernement est en position de faiblesse, son pouvoir ne tient qu’aux marges de manœuvres que leur permettent les institutions actuelles : le 49.3, sa majorité au  parlement, son lien avec les milieux d’affaires et les médias…

Les raisons de notre colère sont toujours là dans les manifestations du samedi, notre présence dans le paysage est maintenant enracinée ; nous avons été avec les grévistes et grévistes parfois nous-mêmes depuis le 5 décembre. Nous avons aidé à alimenter les caisses de grève, nous avons fait alliance avec les forces vives de ce pays.

Dans ces conditions, nous réaffirmons la chose suivante : nous allons gagner ! Parce que selon le proverbe mexicain,« ils pensaient qu’ils pouvaient nous enterrer, ils ne savaient pas que nous sommes des graines ».

D’autres mobilisations viendront, submergeant les scénarios de ceux qui veulent coûte que coûte maintenir le régime et leur position. Nous devons nous tenir prêts, et pour cela, nous organiser, comme nous avons commencé à le faire.

Rassemblons nos forces, sans chef sans hiérarchie sans porte-parole autoproclamé.

Nous appelons les Gilets Jaunes à s’organiser en groupes, librement et souverainement, sans autres règles que celles qui seront décidées par le bas.

Nous appelons à ce que dans chaque département, dans la France toute entière, métropole, DOM et TOM, les groupes se respectent, se rencontrent, et s’organisent avec les formes qu’ils décideront eux mêmes. Nous encourageons les GJ à se structurer, se cordonner, développer leur communication interne et externe, et continuer à s’adapter aux défis auxquels ils doivent faire face. Avec toujours en ligne de mire, la victoire de notre si beau mouvement au bénéfice de tou-te-s .

Passant de la révolte à l’organisation, les Gilets Jaunes jouent un rôle déterminant dans l’affaiblissement d’un gouvernement détesté, et préparent les combats qui arrivent, avec le soutien toujours indéfectible de la majorité de la population.

Sur nos rond-points, on nous dit souvent : « ne lâchez rien !»

Nous comptons bien livrer combat jusqu’au bout. Plus que jamais nous lançons ce cri à la face du pouvoir : « Macron démission ! Macron destitution ! »

Comme en Algérie, au Chili, au Liban nous disons : « système dégage ! » Le capitalisme financier a fait son temps. Désormais nous exigeons un système politique au service des intérêts de tous.

Place au peuple, place aux travailleurs, place à la jeunesse, place à la vie !
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