Hérault, fin septembre 2019, le Rassemblement National présentait ses candidats pour les municipales. Olaf Rokvam est désigné tête de liste à Montpellier. Après une intense communication sur Twitter en décembre, vendredi dernier le candidat RN a fait sa première conférence de presse, début d’une série de cinq. Quatre sont destinées à l’explication du programme, et la dernière sera pour la présentation de la liste.

Intitulé : environnement, ce rendez-vous au club de la presse se voulait en introduction : une réappropriation de l’écologie. « L’environnement n’est pas la chasse gardée de ce que l’on appelle Europe Écologie Les Verts », explique Olaf Rokvam, avant de resservir « la blague de la pastèque » version gilet : « si les gilets sont verts, le cœur est bien rouge. » Ça, c’était pour l’analyse politique. Le candidat glissera un mot sur l’Australie qui vient de perdre l’équivalent de l’Irlande dans les flammes, pour la prise de conscience de l’urgence climatique, avant d’annoncer : « j’interviendrai sur l’environnement, les parcs et jardins et autres… » Occasion d’expliquer son « écologie pragmatique », pour la ville de Montpellier sur le thème de « l’environnement, et du cadre de vie ».

« Reconquérir nos parcs et jardins … s’il faut que l’on passe au kärcher les jardins, on le fera »

Cadre de vie à Montpellier, Olaf Rokvam en donne sa description : « les gens sont confrontés à la saleté, aux déchets, aux tessons de bouteilles, aux seringues, aux préservatifs, à toutes ces choses-là qui ne sont pas des choses valorisantes pour Montpellier. » On pouvait alors penser que l’exposé du candidat s’orientait sur un dysfonctionnement possible de la DSP (délégation de service public) sur la propreté confiée à l’entreprise Nicollin, mais il était toujours question d’environnement.

« Concernant l’environnement, ce que l’on souhaite c’est reconquérir notre territoire, donc reconquérir nos parcs et jardins, et je vous le garantis, s’il faut que l’on passe au kärcher les jardins, on le fera » les choses sont ainsi posées, en usant de l’expression maladroite de Nicolas Sarkozy en 2005, qui avait déclenché des émeutes en banlieue.

L’éclairage du propos arrive très vite : « c’est surtout par rapport aux familles, aux enfants, aux parents, aux grands-parents qui depuis des années ne peuvent plus pénétrer dans les parcs et jardins« . Le square Planchon face à la gare Saint-Roch sera l’exemple pris par Olaf Rokvam pour illustrer ce blocage : « il y a des dealers, des sans-abris qui squattent et donc ça il va falloir y remédier, quitte à ce qu’on se fâche en partie […] pour en finir sur ce dossier-là : notre slogan de campagne c’est osez Montpellier, on parle aussi osez le changement, et aussi on parle osez l’environnement non dogmatique, mais pragmatique. »

19 minutes d’intervention pour expliquer le concept de l’environnement pragmatique pour le RN à Montpellier, et y affirmer qu’il est aussi question de sécurité, de brigades vertes à mettre en place, assistées de jeunes faisant leur service civique. Qu’il faudra agir sur la régulation immobilière, avec une contrepartie espace vert pour chaque permis de construire accordé, comme mettre plus de distances entre les constructions à venir.

Alors à la question : l’environnement compte aussi la problématique de la mobilité, quand est-elle dans votre programme ? Olaf Rokvam l’assure, il l’abordera dans l’une ses prochaines conférences de presse. Certainement que le sujet sera étoffé, d’autant qu’il a récemment participé à une conférence sur le zéro déchet avec Thibault Turchet auteur de « Territoire Zéro Waste » et dit : « être à l’écoute de spécialistes me paraît essentiel pour une ville durable » et vouloir « agir au niveau local. »

« Moi ce n’est pas l’union des droites qui m’intéresse, c’est l’union des Français. »

La conclusion du candidat du Rassemblement National sera d’affirmer être « le seul candidat d’opposition à cette macronie« , une façon peut-être de décaler le débat de la campagne vers d’autres enjeux. Alors qu’il avait stigmatisé dans un tweet, certains candidats montpelliérains, comme faisant partie de « la bande à Macron« , une question s’impose : est-ce que vous êtes, à vous tout seul la bande à Le Pen, et allez-vous placer votre campagne uniquement dans une dualité : Majorité VS Rassemblement National ? « je ne suis pas la bande à Le Pen, absolument pas , et vous verrez sur la liste qu’il y a des gens de la société civile, non encartés […] je suis investi par le RN avec la possibilité d’avoir une certaine ouverture vers d’autres partis politiques […] Moi ce n’est pas l’union des droites qui m’intéresse, c’est l’union des Français. » Olaf Rokvam a aussi lâché l’info qu’un ex-greenpeace serait sur sa liste, tout en gardant le suspense pour le moment.

« Le combat municipal est âpre, personne n’ignore à quel point la tâche est ardue […] à l’heure du grand réveil des peuples, nous nous apprêtons à vivre une belle et grande aventure. Une aventure bien sûr politique, mais aussi et d’abord humaine… » annonçait Marine Le Pen ce dimanche 12 janvier, dans son discours de lancement de la campagne des municipales 2020 pour le RN. Une autre question peut se poser : si Olaf Rokvam ose Montpellier, Montpellier osera-t-elle l’aventure avec Olaf Rokvam ?