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Ce 3 décembre 2019, une majorité (40/30/1) de la commission parlementaire Environnement et Santé publique n’a pas soutenu mon objection qui conteste la mesure de la Commission européenne concernant les contrôles sur les importations de produits alimentaires venant de la région de Fukushima.

La proposition de la Commission modifie l’annexe II du règlement (UE) 2016/6 qui énumère les denrées alimentaires et les aliments pour animaux dont l’échantillonnage et l’analyse concernant la présence de césium 134 et de césium 137 sont nécessaires avant d’être exportés vers l’Union européenne. Pour certains de mes collègues, l’accord de libre-échange avec le Japon est bien plus pertinent que des mesures additionnelles de précaution.

Réaction de Michèle Rivasi, députée européenne et membre de la Commission environnement et santé publique : « J’ai soulevé une objection pour contester la mesure de la Commission européenne qui réduit le nombre de municipalités et le nombre d’aliments contrôlés, en excluant notamment le riz exporté de Fukushima, des espèces de poissons, les crustacés et les mollusques. Ce genre de décisions ne peut se prendre à la légère. En supprimant l’obligation de contrôle du riz et de produits dérivés de la municipalité de Fukushima, cette proposition supprime le contrôle du riz utilisé dans les aliments destinés aux bébés et jeunes enfants. Le règlement  la limite maximale à respecter est 50bq/KG [1], mais aucun niveau de contamination n’est acceptable pour ces groupes particulièrement vulnérables.
Cette mesure laisse des questions sans réponses. Elle aborde les isotopes Cs-134 et Cs-137, mais ne dit rien sur le tritium et le strontium-90, qui est un angle mort dans le système de surveillance au Japon. Ces isotopes sont absents alors que le gouvernement japonais envisage la possibilité de rejeter dans l’océan Pacifique près d’un million de tonnes d’eau hautement radioactive, utilisée pour refroidir les réacteurs endommagés de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Les poissons et fruits de mer vont être contaminés sans connaitre l’activité réelle de ces citernes qui seront pleines dans deux ans.
La Commission européenne doit assurer qu’une analyse critique soit fournie par un groupe de scientifiques indépendants sur la robustesse des méthodes analytiques mises en œuvre par l’opérateur japonais TEPCO pour évaluer les caractéristiques radiologiques et chimiques des effluents liquides stockés.
Enfin, l’Union européenne doit plaider avec force pour un accord international sur les rejets de substances radioactives liquides à des niveaux proches de zéro dans le Pacifique [2]. Je resterai vigilante sur ces questions et appellerai à aborder en commission ENVI la question du possible déversement des eaux usées dans le Pacifique. »

[1] Suite à la catastrophe de Fukushima, l’Europe a fixé d’autres restrictions sur les produits alimentaires en provenance du Japon. Il s’agit du règlement d’exécution (UE) n°322/2014 de la Commission du 28 mars 2014 imposant des conditions particulières à l’importation de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux originaires ou en provenance du Japon à la suite de l’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima stipule que « tous les produits, à l’exception de ceux figurant à l’annexe III, doivent respecter la limite maximale applicable à la somme de césium-134 et de césium-137 telle qu’elle figure à l’annexe II. » Cette annexe II donne les « limites maximales (en Bq/kg) prévues par la législation japonaise pour les denrées alimentaires » qui sont :
– Aliments pour nourrissons et enfants en bas âge, lait et boissons à base de lait : 50 Bq/kg ;
– Autres aliments, à l’exception de l’eau minérale et des boissons similaires, du thé obtenu par infusion de feuilles non fermentées : 100 Bq/kg ;
– Eau minérale et boissons similaires; thé obtenu par infusion de feuilles non fermentées : 10 Bq/kg.
[2] En effet, la stratégie en matière de substances radioactives prévue par la convention OSPAR (visant à prévenir et à éliminer la pollution marine dans la région de l’Atlantique du Nord-Est) prévoit des rejets de substances radioactives pratiquement nuls d’ici 2020, mais il n’y a pas de disposition similaire pour le Pacifique

Michèle RIVASI
Députée européenne EELV,
co-fondatrice de la CRIIRAD

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