Mis à jour Ven. 29 nov. 2019 à 16h30

L’information a été rendue publique, deux ex-attachées parlementaires de la députée La France insoumise, de l’Hérault, Muriel Ressiguier ont saisi le Conseil de prud’hommes pour licenciement abusif et harcèlement moral.

C’est la Gazette de Montpellier qui a révélé l’affaire. Les deux ex-attachées parlementaires, embauchées, respectivement en juillet 2017 et mars 2018 ont été licenciées au printemps pour « faute grave ».

Elles ont saisi la justice prud’homale. L’audience de conciliation devrait avoir lieu, à huis clos, début 2020. La députée de l’Hérault a de son côté porté plainte, au pénal, pour extorsion de fonds contre une inspectrice du travail, qui aurait souhaité procéder à une conciliation.

« Je suis viscéralement attachée aux droits des salariés et des classes populaires dont jamais quelques fonctions que ce soient – toujours passagères – ne me feront me détourner. » – Communiqué de Mme Muriel Ressiguier

Dans un communiqué, publié ce vendredi 29 novembre, Muriel Ressiguier, députée de l’Hérault répond. Elle explique, ainsi, avoir dû procéder à l’embauche de collaborateurs, dans l’urgence, avec le contrat type, distribué par les services de l’Assemblée nationale, dans une relation basée, avant tout, sur la confiance.

C’est cette confiance qui aurait été trahie. « Plusieurs mois s’écoulaient avant que je ne me rende à l’évidence que cette confiance était trahie : les missions confiées étaient mal voire pas exécutées. Des attitudes déloyales et de dénigrement se firent jour. Je subissais également des actes de sabotage, l’une des salariés de mon cabinet supprimant de notre serveur partagé l’intégralité de nos documents de travail. J’engageais les procédures disciplinaires à l’encontre de mes deux assistantes parlementaires. »

La députée de l’Hérault, se justifie, concernant sa plainte : « Oui, j’ai déposé plainte à l’encontre d’une inspectrice du travail, car son invitation à payer des indemnités de rupture conventionnelle en échange d’un classement de son enquête me paraissait plus ressortir du chantage – ou de l’extorsion – que du rôle essentiel de conciliation, de conseil voire de sanctions de l’inspection du travail. Oui, j’ai fait le choix, et en conscience, de ne pas acquiescer à ce marché de dupes.  Il y a six mois le prix de ma tranquillité aurait été de 40.000 euros, chiffre avancé par la personne à l’encontre de laquelle j’ai demandé à mon avocat de déposer plainte. Mes anciennes collaboratrices réclament aujourd’hui des indemnités de rupture à hauteur de 180.000 euros. »

Mais, si la députée assume de présenter, demain, ces griefs, aux juges prud’homaux, elle récuse de devoir se « justifier, et essentiellement en considération de mon étiquette politique », regrettant « l’heure de l’émotion instantanée et du tribunal médiatique ».

Pour Me Lacince, son avocat, le débat a été, injustement placé, sur la place publique.

L’avocat de Mme Ressiguier s’explique, ces différends n’ont été rencontrés qu’avec ces deux collaboratrices, et c’est leur comportement seul, qui a provoqué leur licenciement.

Mais, pour autant, pour Me Lacince, la conciliation est encore possible. Et, sur le fond du dossier, l’avocat a toute confiance dans la juridiction prud’homale, le dossier serait solide et sa cliente, dans son bon droit.

« Je fais confiance à la justice prud’homale » – René Revol, suppléant de Mme la députée

Pour son suppléant, René Revol, « les Prud’hommes et l’inspection du travail, dont le gouvernement actuel cherche à réduire le pouvoir, sont des institutions essentielles du droit des salariés, auxquelles la France Insoumise est particulièrement attachée. »

« Je fais confiance à la justice prud’homale, dont l’essence même est de permettre à tous les salariés de faire valoir leurs droits », une façon commode pour le Maire de Grabels, de botter en touche.

Il faut bien se l’avouer, le tempo de cette information est assez curieux. Il oblige, quelque peu, à s’interroger sur la volonté de faire de cette affaire, non encore jugée, une affaire publique, à quelques mois des municipales… Mais, une chose est sûre, pour Muriel Ressiguier, « on ne fait pas de la politique comme ça »