Sorti le 9 octobre 2019, le film à visée préventive « Donne-moi des ailes » de N. Vanier, se retrouve controversé. 

Synopsis : L’histoire met en scène le protagoniste Christian, un scientifique visionnaire qui étudie les oies sauvages. Afin de changer les idées de son fils, un adolescent accroché aux jeux vidéos, Christian décide de l’emmener en vacances en pleine nature. Le père et le fils vont parvenir à se rapprocher autour d’un projet fou : sauver une espèce en voie de disparition. 

L’intention de départ du film était positive. Elle visait à sensibiliser le public à la protection des animaux. Néanmoins, le tournage a perturbé une colonie de flamants roses en pleine période de couvaison. La FNE (France Nature Environnement, fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement) Languedoc Roussillon a porté plainte pour perturbation intentionnelle d’espèce protégée et destruction d’œufs d’espèce protégée. L’enquête est toujours en cours.

Les flamants roses d’Aigues-Mortes, une espèce menacée, dérangée « volontairement » pour le tournage du film. 

« Donne-moi des ailes » a été filmé au Grau-Du-Roi (Gard), aux salins d’Aigues-Mortes, le seul site français ou nichent les flamants roses, une espèce menacée. La période de couvaison est une période très sensible pour ces oiseaux. L’équipe de tournage se devait de ne pas les effrayer afin de faciliter la réussite de leur reproduction.

Mais le soir du 7 juin 2018, un membre de l’équipe du tournage a survolé en rase-motte la colonie de flamants roses à plusieurs reprises, afin de les forcer à s’envoler. Son objectif ? Capturer de belles images. Pris de panique, 500 couples de flamants rose sur les 4500 de la colonie ont abandonné définitivement leurs œufs. La plupart d’entre eux ont été détruits dans ce grand mouvement de panique.

Flamants roses et leurs bébés

Un film qui donne le mauvais exemple pour France Nature Environnement (FNE) Languedoc Roussillon

Pour Simon Poppy, président de la FNE Languedoc Roussillon, « Cet incident nous met en garde sur les risques générés par l’essor des loisirs motorisés dans les espaces naturels. De l’ULM, en passant par le petit avion, le paramoteur, et dernièrement, les drones : ces appareils permettent à n’importe qui de se prendre pour un reporter animalier, sans nécessairement avoir les connaissances pour ne pas provoquer de catastrophes. Ce film est un mauvais exemple à plusieurs égards : parce qu’il glorifie ce type de hobby et parce que le tournage du film lui-même n’a pas été exemplaire. Il peut également donner l’illusion que les oiseaux sauvages peuvent s’accommoder de la présence de ce type d’engins, alors qu’il s’agit d’oies dressées à cette fin. Notre rôle est de rappeler au public que les espèces sauvages ne sont pas des jouets et que les oiseaux qui nichent ont besoin de tranquillité. »