C’est un cri du cœur, qui va bien au-delà d’une exaspération contre la privatisation, « en marche » forcée, des biens communs.  

Jeudi 18 juillet 2019, les citoyens nîmois ont décidé de dire non à la privatisation d’ADP (Aéroports de Paris) en présentant devant la presse locale, le collectif qu’ils ont structuré depuis quelques semaines

En avril 2019, 248 parlementaires français, issus des groupes FI, PCF, UDI, LR, Liberté et Territoires, et PS ont déclenché un processus de référendum d’initiative partagée (RIP) contre la privatisation des aéroports de Paris. C’est la 1re fois qu’un tel processus de consultation citoyenne est enclenché. Pour permettre au processus référendaire de se mettre en place, 4.717.396 millions d’électeurs (soit 10% du corps électoral) doivent apporter leur soutien selon la Réforme de la Constitution de 2008.

Annonce - Pub - Advertisement

L’ouverture officielle de cette consultation a débuté le 13 juin, un mois plus tard, c’est déjà 532 000 personnes qui ont signé leur soutien au référendum. Cette votation se terminera au mois de mars 2020.

Qu’est-ce que ce collectif et quel est son objectif ?

Dénommé « collectif de soutien au processus du RIP contre la privatisation d’ADP », les initiateurs de ce collectif et premiers signataires, sont des citoyennes et des citoyens, militants politiques, associatifs ou simples électeurs nîmois. Leur objectif est de contribuer au succès de ce processus en permettant d’obtenir, voire de dépasser, les 4,7 millions de signatures nécessaires à l’organisation de ce référendum.

Selon le collectif les enjeux sont importants, exhortant « les citoyens à exercer leur droit constitutionnel », ces citoyens rappellent qu’ils s’engagent « dans cette bataille parce qu’elle est l’occasion pour les citoyennes et citoyens de participer directement aux décisions politiques » et « car nous nous opposons à la privatisation d’un bien commun, et dénonçons la volonté du Gouvernement de le vendre sans se soucier des impacts sociaux, écologiques, et économiques à moyen et long terme. » Ils concluent « le Parlement permet aux citoyens de s’exprimer, saisissons cette opportunité pour que la politique redevienne l’affaire de toutes et tous ! »

Outre les déclarations de bonnes intentions, le collectif s’engage à mettre en œuvre tous les moyens pour accompagner les personnes voulant signer, par la création de points fixes, entre autres.

Aider les citoyens à signer apporter son soutien au référendum

Il faut une bonne dose de courage et une bonne dizaine de minutes pour signer cette pétition. Si l’État se targue de faire du tout numérique, force est de constater que pour cette pétition enclenchant le RIP, il existe une certaine mauvaise foi gouvernementale. Pire, les embuches sont nombreuses et l’on pourrait apercevoir une petite volonté de faire capoter le projet.

Au-delà de la nécessité d’être inscrit sur les listes électorales et de posséder une carte d’identité ou un passeport, deux options s’offrent pour apporter son soutien, soit physiquement en mairie, les personnes doivent alors remplir un document Cerfa et demander un récépissé (ce qui peut se faire au service des élections de la Mairie de Nîmes), soit par voie électronique. Et c’est là que cela se complique…

En effet, outre la plateforme digne d’un début des années 2000, plusieurs chausse-trappes existent (par exemple, si la personne a plusieurs prénoms, elle ne devra pas mettre de virgule sous peine de nullité de son vote) ; il en va de même pour la commune, ainsi c’est non pas le code postal qui doit être retenu, mais le code INSEE (qui s’inscrit automatiquement) ; certains électeurs ne pourront, quant à eux, pas voter pour cause de redécoupage très récent de circonscription et devront alors réclamer au service des élections de la mairie pour pouvoir le faire. Enfin, le code CAPTCHA (code qui permet de vérifier que « le signataire n’est pas un robot et est sensé protéger le site du gouvernement » qui clôture le vote sur internet est à l’image du reste, un piège pour décourager le plus pressé.

Une fois le référendum soutenu, un numéro de récépissé est donné, il est à conserver pour vérifier une semaine après que le vote a bien été pris en compte. Et là, une fois encore il faudra s’armer de patience, car il faut  remplir à nouveau un formulaire avec presque autant d’informations, auxquelles il faut ajouter le code du récépissé et à nouveau le fameux code CAPTCHA. Le nombre de votants quant à lui a tout bonnement disparu de la plate-forme.

Comment faire signer, et faire entendre sa voix ?

Le collectif entend mener des actions à Nîmes pour informer les Nîmois et les aider à signer. Il compte continuer l’installation régulière dans la ville de tables avec  ordinateurs, pour aider à l’inscription, pour cela, ils ont décidé de solliciter l’aide de la municipalité. Le collectif entend aussi mener des actions collectives, la 1re se fera ce jeudi soir au cours des jeudis de Nîmes.

Le collectif encourage enfin chaque électeur à s’emparer de ce processus de soutien au référendum contre la privatisation d’ADP pour lui permettre d’aboutir en devenant lui-même acteur de sa réussite. Car si depuis Nîmes, les aéroports de Paris peuvent sembler lointains, ils constituent tout de même une entreprise stratégique qui rapporte à l’État, plus de 183 millions d’euros par an, avec une augmentation prévisionnelle de 8% par an.

Un groupe Facebook a déjà été spécialement créé par le collectif Nîmois afin d’aiguiller les personnes souhaitant apporter leur soutien et informer les Nîmois de leurs prochaines actions.

Annonce - Pub - Advertisement