L'Occitanie, c'est aussi la Région du fromage

Ce samedi, pour l’Acte 30, les Gilets Jaunes ont décidé de relancer la machine contestataire dans la capitale languedocienne.

Commencée avec plus de 300 manifestants, la mâtinée s’est avérée studieuse pour un Acte 30, que l’on promettait national.

Le rendez-vous était donné à 10h, sur la place de la Comédie, avec un départ réel du cortège à partir de 12h. Le cortège a déjà prévu de repasser aux alentours de 14h sur la place de la Comédie.

Quelque peu décontenancés par la bonne humeur des Gilets Jaunes, les commerçants du centre-ville ont tout de même pour la plupart respecté les mesures préventives préconisées par la CCI : « retrait des parasols, emballages, encombrants, pré-enseignes, étals, mobiliers tels que les tables et chaises. » Du côté de la police nationale, on attend plus de 300 casseurs sur la journée.

« C’est important de ne rien lâcher. »

Certains Gilets Jaunes sont venus de loin pour participer à cet Acte 30 montpelliérain, par lequel ils espèrent pour la plupart relancer la mobilisation. Pour beaucoup ce matin : « c’est important de ne rien lâcher. »

Peu après 12h, la situation se tend, avec les premiers jets de lacrymos devant la Préfecture.

Chez les Gilets Jaunes une rumeur court, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner serait présent à la préfecture de Montpellier. C’est ce qui aurait précipité l’affrontement entre les Gilets Jaunes, à présent plus de 2 000 et les forces de l’ordre.

En marge d’affrontements avec les forces de l’ordre, devant les halles Castellane, deux manifestants ont été blessés, ils ont été rapidement pris en charge par les street-médics des Gilets Jaunes. En parallèle, un manifestant aurait été interpellé selon la Préfecture.

Mélangés aux Gilets Jaunes, casseurs de vitres, bruleurs de poubelles, et lanceurs de projectiles, dont certains aidés par des raquettes de tennis sont vite entrés en action ce samedi 8 juin durant les déambulations.

Retour sur la Comédie, avec une banderole et des fumigènes jaunes, et avec des envies de révolution du haut des Trois Grâces.

Les « black blocs » « jouent » avec les forces de l’ordre

Vas et viens, les street medics courent dans tous les sens, les passants sacs de courses en main marchent d’un pas rapide, parfois s’arrêtent pour prendre une photo, ou un bout de vidéo. Les « black blocs » « jouent » avec les forces de l’ordre. Certains Gilets Jaunes semblent plutôt découragés, d’autres tiennent à garder un côté festif. La place de la Comédie a plusieurs visages et alterne entre affrontements et moments de calme.

Les CRS usent des sommations habituelles, avant de faire usage de la force pour tenter d’évacuer la Comédie. Entre les différents mouvements de foule, et les cortèges un peu éclatés qui sillonnent les rues, la BAC intervient, et récupère certains individus, normalement identifiés comme casseurs.

Un coeur de ville ventilé par du gaz lacrymogène, une place de la Comédie brouillonne. Molière bousculé et son Bourgeois gentilhomme, prévu à 17h00 à l’Opéra-Comédie par le Printemps des comédiens a été décalé, les accès étant difficiles. La dispersion de groupes agités et éparpillés reste compliquée.

Sur le ring de l’info

La place de la Comédie s’est mise en scène, peut-être challengée par la dimension nationale de cet Acte 30, et par la présence des médias d’information continue toujours avides de bonnes images d’affrontements entre forces de l’ordre et Gilets Jaunes. Fallait-il aussi facilement accepter de monter sur ce ring de l’info ?

Une Comédie sous les gaz lacrymogènes

Mais à 19h02 à nouveau #Montpellier #Acte30 #GiletsJaunes encore et encore une Comédie sous les gaz lacrymogènes…

Déambulation, Boulevard du jeu de paume, dans l’Écusson retour sur la Com. Et lorsque les forces de l’ordre semblent se retirer : « et la Com, elle est à qui ? Elle est à nous… » certains vont ensuite tenter de retourner vers la préfecture, mais vite revenir sous les gaz lacrymogènes.

20h40, les forces de l’ordre demandent la dispersion de la manifestation. Une dispersion de la manifestation qui semble avérée. Les terrasses des cafés se remettent en place.

Le bilan de la préfecture fait état de 11 blessés du côté des forces de l’ordre, et d’une dizaine de personnes parmi les manifestants. Avec un total de 19 arrestations.