Illustration - Ville de Montpellier (CR)
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Tribune de Julien Colet, animateur du groupe d’action de La France insoumise l’Avenir en Commun(e) Montpellier Métropole.


En aout 2015, le sémillant Macron, alors ministre de l’Économie du non moins sémillant François Hollande, généralisait le travail le dimanche.

Que n’a-t-on pas entendu alors ? Le travail dominical allait créer une myriade d’emplois, multiplier le pouvoir d’achat des classes laborieuses, libérer les énergies, rendre sa pleine souveraineté au peuple des bricoleurs du dimanche.

Passons sur le bien être des familles (les repas de famille c’est ennuyeux, ça fait grossir, et ça ne produit pas de PIB).

Passons sur la cohésion sociale et la vie associative mises à mal (désolé je ne peux pas emmener les U9 pour le duel au sommet FC Pas du Loup/Réal de Grabels, aujourd’hui je tiens la caisse de Bricorama).

Passons sur le fait que des femmes, majoritaires dans le salariat du commerce, soient les premières à subir.

Passons sur l’aberration écologique de l’ouverture dominicale (ouverture dominicale = hausse de la consommation d’électricité et du trafic automobile).

Passons sur le nouveau tour de passe-passe du capital (ben pourquoi veux-tu que j’augmente ton taux horaire/te passe à plein temps, alors que tu peux travailler le dimanche ?)

Passons sur l’absurdité économique du bidule (ce que les gens déboursent le dimanche, ils ne le déboursent pas en semaine, les dépenses s’étalent, mais n’augmentent pas).

La même pseudo élite économique qui aujourd’hui nous vendait l’ouverture dominicale, s’étonne à présent de voir les centres-ville péricliter.

À Montpellier comme partout ailleurs en France, la généralisation des ouvertures dominicales, favorise avant tout les grandes enseignes périphériques au détriment des commerces de proximité. Pour ces derniers, le coût est plus élevé que le bénéfice, ce qui oblige les petits commerçants et leurs familles à travailler beaucoup plus.

Tout cela était prévisible, aussi prévisible que l’inefficacité du CICE ou de la suppression de l’ISF. Macron qui n’est pas un sot le savait fort bien. Mais pour lui, et ses soutiens, ce qui compte c’est la bonne santé des ultra-riches, et des grands groupes. Et tant pis pour nos centres-ville qui déclinent, tant pis pour nos campagnes qui se bétonnent de centres commerciaux.

Julien colet

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