Meeting “envie d’Europe écologique et sociale”, à Montpellier avec la présence d’Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, hier soir la salle Pétrarque affichait “complet”.

Olivier Faure, acclamé par un tonnerre d’applaudissements a fait son entrée une rose à la main, et sur Bella ciao. Entre un Grand Débat et sa non-réponse qui se sont éternisés, une liste présidentielle menée par Nathalie Loiseau, avec un programme né, il y a peine quelques jours, le premier secrétaire du PS “a le sentiment que cette campagne commence en réalité aujourd’hui […] tout a été fait pour que cette campagne n’ait pas lieu.” À Montpellier, Olivier Faure défend sa liste “envie d’Europe” qui compte deux prix Nobel de l’écologie (prix Goldman), un co-inventeur du Pacte climat finance européen, puis l’avocat d’Anticor Jérôme Karsanti, et aussi Raphaël Pitti médecin humanitaire urgentiste qui a refusé d’être décoré de la Légion d’honneur par Emmanuel Macron, tant que la France ne saurait pas accueillir les réfugiés. En clair, ce ne sont pas des newbies. Mais même avec cette volonté affichée de généraliser ce qu’il y a de meilleur partout en Europe, l’effet Glucksmann n’a pas encore fonctionné et n’a pas poussé cette liste au-delà des 5% d’intention de vote. Interview :

“Oui, je suis folle de rage”

Elle met Donald Trump et Viktor Orbán dans le même sac, elle est en colère, et le confirme : “être en colère, c’est être de gauche.” Claire Nouvian prix Goldman 2018 a su convaincre lundi soir, sur ce qu’elle définit comme “le passage à un régime de croyance,” et toute la défiance qu’il convient d’y opposer : “il faut utiliser notre colère pour un projet de société différent.” La fondatrice de Place Publique avec Raphaël Glucksmann prévient : “le projet libéral est en train de dépouiller la France.” Claire Nouvian confirme : “oui, je suis folle de rage, contre les injustices, les inégalités, l’effondrement écologique…Interview :

“Enfoirés” de sénateurs

Éric Andrieu, c’est le numéro trois sur la liste. Comme beaucoup, il souffre d’un manque d’exposition médiatique, alors que c’est l’homme que Monsanto définit comme “une personnalité à surveiller.” La multinationale va même jusqu’à jouer avec lui des rounds d’intimidation. À l’heure où en Californie, le jury de la Cour supérieure d’Oakland a estimé que Bayer était responsable du lymphome développé par chacun des deux plaignants, Alva et Alberta Pilliod, Éric Andrieu, au-delà de sa maîtrise des chiffres et des budgets sur l’Europe confirme que la disparition n’est pas un mythe. “Vous croyez avoir le choix de vos poireaux ? Non, on vous les impose. Vous croyez que les agriculteurs ont le choix de leurs semences ? Non ! on leur impose … Et si c’était sans incidence sur la biodiversité, sans incidence sur la santé humaine, on pourrait se dire finalement, je n’ai pas le choix de mes poireaux, mais ce n’est pas important … Vous croyez que les 80% de perte d’insectes, c’est un mythe, comme le croient ces “enfoirés” de sénateurs conservateurs, libéraux, proches de Macron ? Non ce n’est pas un mythe, c’est une réalité…” Le député européen dénonce l’effondrement d’un équilibre naturel au nom de la financiarisation de l’agriculture, avec des politiques qui ignorent jusqu’à l’importance de la préservation des insectes pollinisateurs. Plus grave, qui ignorent peut-être le fonctionnement même de la nature.

Pour Carole Delga le PS comme la liste “envie d’Europe” sont “les héritiers d’une gauche qui a su s’unir et donner confiance aux citoyens pour améliorer leur vie quotidienne. Aujourd’hui notre mission c’est de changer de modèle de développement et de fonctionnement, pour une véritable Europe écologique et sociale !” La présidente de la région Occitanie a lancé l’initiative “les territoires ont envie d’Europe.” Elle précise que cette liste est le début de l’union de la Gauche, indispensable pour gagner les prochaines échéances. Puis Carole Delga prévient qu’il ne faut plus se laisser tromper par “ la perversité d’un candidat ( Emmanuel Macron ) qui se fait passer pour un candidat de gauche.” Quant à Kleber Mesquida, Président du conseil départemental de l’Hérault, l’Europe ne se résume pas entre “la haine nationaliste et le mépris ultra-libéral.

De grands meetings ont été programmés d’ici au 26 mai, pour soutenir et défendre le programme de la liste d’ouverture menée par Raphaël Glucksmann : “envie d’Europe.”