Jordan Bardella accompagné de Marine Le Pen était de passage dans l’Hérault pour un meeting à Cers, samedi 11 mai.

Même si « tous » s’en défendent, l’idée de présidentialiser ces deux dernières semaines de la campagne pour les élections européennes du 26 mai semble s’imposer. Dans un contexte social difficile, Emmanuel Macron banquier averti, mais « jeune » politicien a pris le risque en désignant le Rassemblement National comme seul adversaire de rejouer le duo de la présidentielle et de faire de cette élection un plébiscite pour Marine Le Pen. Interview :

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« Présidentialisation » des Européennes

Et si, sur le tandem Macron-Le Pen, Emmanuel avait perdu les pédales ? Oubliée, la « déroute » post-débat du second tour de la présidentielle. Marine Lepen lui revient dessus comme un boomerang. « Elle arrive…» lance une militante qui l’aperçoit

entrer en scène. À Cers la salle pleine déborde sur l’extérieur. Les applaudissements sont nourris. Et comme avec Jordan Bardella, le public est à nouveau très rapidement conforté sur ses fondamentaux, d’une politique xénophobe rejetant l’immigration. Après avoir remis les peurs au centre du débat Marine Le Pen peut s’occuper du cas du chef de l’État : « Macron n’est plus président, mais tête de liste En Marche, » annonce-t-elle. Puis elle enchaine : « comme pour François Hollande, un président ne devrait pas dire ça, pour Emmanuel Macron, un président ne peut pas se comporter comme cela. » Pour la présidente du RN, le chef de l’état est sorti de son devoir de réserve auquel se doit un président de tous les Français.

Y a-t-il seulement deux visions de l’Europe ?

Emmanuel Macron a été très direct le jeudi 9 mai, devant la presse : « je mettrai toute mon énergie pour que le Rassemblement National ne soit pas en tête.» Alors à Cers dans l’Hérault, Marine Le Pen galvanise ses troupes, puissamment elle lance : « je vous invite tous à voter contre Macron et pour la liste du Rassemblement National, » la salle explose de joie dans un cri à l’unisson, et répond : « on va gagner, on va gagner… » Alors que Nathalie Loiseau LaREM et Jordan Bardella RN font désormais jeu égal dans les sondages, la stratégie d’Emmanuel Macron de résumer cette campagne à seulement deux visions de l’Europe est-elle viable ? Sans qualification à jouer pour un second tour, « ces élections de mi-mandat » que s’impose le président semblent un pari risqué. Chez les militants et sympathisants RN, il n’y a pas d’abstentionnistes.

La priorité d’un vote sanction

Tête de liste du Rassemblement National, Jordan Bardella sait bien défendre le manifeste de son parti : “Pour une Europe des nations.” Il en connait parfaitement les quatre thématiques : émancipation, coopération, protection, et ambition. Sa tonalité c’est “l’euro-réalisme”. Et que ce soit pour expliquer la notion de “juste-échange” en remplacement du libre-échange, ou encore celle plus rugueuse de l’immigration et du déni de démocratie, le jeune fondateur du Collectif Banlieues Patriotes en Seine-Saint-Denis a depuis pris de l’aisance et un vrai savoir faire de tribun. Il réussit à expliquer « l’Alliance européenne des nations » comme des perspectives d’avenir. Alors à la question de savoir s’il n’a pas une vraie frustration de se faire voler le débat des idées avec les autres têtes de liste, au profit d’un combat des chefs, Jordan Bardella confirme la priorité d’un vote sanction de la politique d’Emmanuel Macron : « si Macron arrive en tête le 26 mai, la politique qu’il conduit sortira légitimée. » Interview :

Et Robert Ménard dans tout ça

Robert Ménard a annoncé cette semaine qu’il voterait pour le RN. Et, à sa façon, il a enregistré une vidéo qui a été diffusée au meeting de Cers. Cers qui se trouve à 10km de Béziers. Un message dans lequel l’auteur du livre : « Un maire ne devrait pas faire ça», apporte tout son soutien à Jordan Bardella. Pour lui, le parti de Marine Le Pen « ne dit plus sur l’Europe ce qu’il disait il y a quelques années. » Ne pas quitter l’Europe, et voir une liste pour les Européennes qui accueille d’anciens membres des Républicains conforte Robert Ménard dans sa relation avec le parti qui l’avait soutenu aux élections municipales de 2014.

À Montpellier, on croit aussi à une « présidentialisation » des Européennes, «fidèle aux valeurs humanistes, républicaines et sociales qui constituent le fondement de mon engagement pour Montpellier, je voterai donc pour la liste social-démocrate la mieux placée…» dans un communiqué de presse, Philippe Saurel maire de la ville appelle à faire « barrage » au RN en votant pour la liste de Nathalie Loiseau (LaREM).

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