Une nouvelle étude de Greenpeace baptisée « La dépendance imminente à l’égard de Rosatom dans l’UE » révèle comment la société publique russe Rosatom exerce une pression politique sur des pays d’Europe centrale et orientale tels que la Hongrie, la Bulgarie, la République tchèque et la Slovaquie ou encore la Finlande et la Lituanie.

La Pologne fait figure d’exception. Elle souhaite s’affranchir de sa dépendance à la Russie en développant une filière nucléaire. En utilisant l’exemple de la centrale nucléaire finlandaise Hanhikivi, l’étude décrit la dépendance à l’égard de Rosatom qui se traduit par des liens personnels étroits, la corruption et l’influence politique.

Les écologistes ne veulent ni du nucléaire russe, ni du nucléaire français qui, en état de faillite, crée un effet d’aubaine pour les russes qui tentent de reprendre la main sur leurs ex petits frères des pays de l’est en livrant des centrales clés en main. 

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« Alors que l’énergie nucléaire est en déclin dans la plupart des pays du monde, l’enthousiasme de l’Europe centrale pour cette technologie semble inchangé.   Une  étude récente de Greenpeace montre comment la Russie achète de l’influence dans l’UE par le biais de la société nationale d’énergie nucléaire Rosatom. De nombreux pays deviennent dépendants pour construire ou prolonger des réacteurs nucléaires: la Biélorussie, la Bulgarie, la République tchèque, la Finlande, la Hongrie, la Slovaquie et même le Royaume-Uni. L’énergie nucléaire ne doit pas remplacer le recul de l’influence politique du gaz de la Russie. 

Nous devons arrêter cette dépendance et donc ce pouvoir de Rosatom et d’EDF sur le marché de l’énergie de l’Union européenne.  Le nucléaire n’est pas notre avenir. Le nucléaire est dangereux et économiquement insoutenable. Des milliards d’euros en argent des contribuables sont gaspillés et les factures d’énergie deviennent inutilement élevées. L’énergie nucléaire génère des déchets pour lesquels nous n’avons pas de solution. Les accidents nucléaires ne peuvent être exclus et leurs retombées dépassent les frontières.

La dépendance à Rosatom influence par ailleurs le débat européen sur la pérennité de cette technologie.  L’Union européenne peut devenir autonome grâce à l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables.  Nous avons déjà d’excellentes alternatives, des solutions respectueuses du climat, créatrices d’emplois plus durables et qui nous permettent de contrôler l’approvisionnement en énergie. Avec les progrès rapides dans les technologies renouvelables, il n’y a plus d’excuse pour choisir le nucléaire plutôt que l’énergie renouvelable. Pourtant, quatre réacteurs nucléaires sont en construction et cinq autres devraient être construits dans l’Union. »

Michèle RIVASI
Députée européenne,
co-fondatrice de la CRIIRAD

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