Scandale inattendu qui assombrit l’image du très rigoureux yoga Iyengar. Si plusieurs enseignants de diverses traditions se sont trouvés ces dernières années impliqués dans des affaires d’abus sexuels, l’école Iyengar semblait irréprochable.

Le 7 avril dernier, l’enseignant Manouso Manos, établi aux Etats-Unis et de rayonnement mondial, se voyait retirer sa certification par les hautes instances “Iyengar“.

Depuis les année (19)80, l’homme se trouvait visé par des plaintes, émanant de plusieurs centaines de victimes. Tous les ingrédients du fanatisme sont ici réunis. Des actes publics, une communauté tout entière fermant les yeux et défendant un criminel, puis aucun changement des comportements une fois les faits délictuels reconnus.

Si par la perte de cette certification, Manouso Manos se verra fermer la porte de certains studios Iyengar, nul doute que sa carrière n’est pas terminée. La connaissance technique l’emporte sur toute éthique. C’est ce phénomène que l’on nomme magie. L’énergie du yoga ainsi utilisée à des fins égoïstes relève de la manipulation des esprits.

Pour que des femmes venues pratiquer le yoga se retrouvent sans pouvoir réagir avec les doigts de l’enseignant dans le sexe ou dans l’anus, l’emprise psychologique doit être considérée. Aucune des victimes n’était particulièrement naïve ni malléable. Ces voies ancestrales, posturales et respiratoires, sont porteuses d’un réel pouvoir. Leur pratique devrait être accompagnée d’une étude consciente reposant sur la philosophie yogique, menant l’être vers la lucidité et l’autonomie.

Mais la sphère du yoga moderne est exempte de spiritualité, se limitant à prêcher des lieux communs humanistes, tout en évitant soigneusement la nécessaire auto-critique qui mettrait en péril l’ensemble de son fonctionnement.