Focus sur l’avenir, Roxane Lundy a le regard vif et l’intelligence du propos. L’agora citoyenne organisée avec Laurent Taton avait jeudi 11 avril, toutes les tonalités de la campagne européenne du mouvement Génération•s : humaniste, écologiste, européen et féministe.

Très engagée et portée par ses idées, cette jeune femme de 23 ans possède le talent rare, de pouvoir donner de l’énergie : « gardez votre colère, et transformez-la en espoir, » confiera-t-elle aux Héraultais venus participer à cette réunion publique. Et dans ses principes, on peut lire que l’espoir se traduit par l’action.

Laurent Taton est optimiste : « c’est la première élection depuis l’explosion Macron… » ; « on est un petit parti, cohérent, homogène, et l’on porte tous les mêmes valeurs. » Le colistier de Roxane Lundy reste confiant sur la construction de l’avenir avec les « 21 engagements pour une Europe libre. » Des engagements qui ont pour objectif de tourner la page des politiques austéritaires, avec en ligne de mire un revenu universel européen, une justice sociale, un salaire minimum dans tous les États membres, avec 35 heures et 35 jours de congés partout en Europe.

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Green New Deal et La Guérilla parlementaire

C’est une mesure emblématique « qui est au centre du projet que l’on peut porter au niveau européen » expliquera Roxane Lundy. Un plan d’investissement de 500 milliards d’euros par an, une somme dégagée avec la mobilisation des banques centrales, pour financer ce « Green New Deal » et sortir de l’Europe des énergies fossiles d’ici 2050, grâce à la rénovation des logements, aux énergies renouvelables et aux économies d’énergie entre autres. Roxane Lundy est cash, et lance l’un des slogans de Génération•s : « on peut négocier avec les banques, pas avec la nature, » pour cette candidate, la pollution est un défi européen, et selon ses mots : « la pollution, ça ne se reconduit pas aux frontières. » En toute logique dans le programme, cette priorité écologique fait partie de la reconstruction d’une société plus juste. Et pour cela, les députés Génération•s seront prêts à mener une « guérilla parlementaire. »

Questions à Roxane Lundy

Comment comptez-vous mener cette guérilla parlementaire ?

Je pense qu’il faut arrêter l’hypocrisie de dire que : tant qu’on ne change pas les traités, on ne peut rien faire. Nous, à Génération•s : on a trois députés, aujourd’hui. On aspire à en avoir un maximum à l’occasion des futures élections. On a mis en place tout un manuel de guérilla parlementaire, où l’on démontre comment on peut faire, pour gagner des victoires, même si au début elles ne semblaient pas gagnées.

Typiquement, on en a une : c’est celle de créer un véritable lobby citoyen face aux lobbies industriels. Et l’objectif c’est de faire en sorte que les ONG, les associations et la société engagée se mobilisent pour faire valoir leurs droits face à ces lobbies industriels, et leurs intérêts privés. Un autre exemple, il y a aussi l’enjeu du Parlement : faire en sorte que l’on ait un parlement avec des députés européens qui doivent comprendre que par nature, l’adversaire en matière d’austérité : ce sont aussi les États. Il faut qu’ils soient capables de faire bloc, de faire front face aux États. Et cela a été le cas sur le budget avec Isabelle Thomas qui est l’une de nos députées. Elle a obtenu plus de 200 Milliards en plus sur le budget européen, parce qu’elle a réussi à faire en sorte que le parlement européen vote en bloc face à la Commission européenne, donc on peut avoir des victoires. (NDLR : Isabelle Thomas députée européenne depuis 2012 France – Génération•s, Groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement européen. Membre de la Commission des budgets et de la Commission de la pêche.)

N’y a-t-il pas une contradiction entre lobby citoyen et lobby d’entreprise, le premier voudrait contrôler, l’autre achète et séduit pour convaincre ? Comment peut fonctionner un lobby citoyen ?

Je pense que le lobby citoyen a mieux que de l’argent, il a la capacité d’avoir des voix. Et c’est précieux en politique. Il y a des députés qui seraient plus intéressés par le fait d’avoir des voix, et d’avoir le soutien des citoyens sur leur territoire. C’est important, et c’est cela le nerf de la guerre. Un exemple, la pêche électrique : au bout d’un moment, la mobilisation citoyenne a été tellement forte, que même les députés de droite qui n’ont rien à faire de la biodiversité, et qui ne s’étaient pas du tout engagés sur ces questions, ils savaient que s’ils votaient contre l’interdiction de cette pêche électrique, ils allaient se faire matraquer au niveau de leur légitimité politique, donc ils ont eu peur… Regardez Monsanto, quand on voit l’argent qu’il dépense dans le lobbying uniquement pour convaincre, et obtenir qu’un député change d’avis. Et bien je pense que les citoyens ont plus de pouvoir que Monsanto, avec un bulletin de vote.

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