Pour l’acte VII de la mobilisation des Gilets Jaunes, entre mille et mille cinq cents personnes se sont réunies samedi à quatorze heures devant le stade des costières.

Avec une détermination non ébranlée, malgré un petit recul de la mobilisation, ils ont entamé une longue déambulation à travers Nîmes. Récit.

Ce samedi d’entre les fêtes aurait pu être une trêve pour les forces de l’ordre, loin s’en est fallu.

Les arrêtés du Préfet, interdisant bon nombre de lieux, ont eu pour conséquence de rebooster les gilets jaunes montrant qu’ils étaient encore bien présents, tout en respectant les interdits.

Dans une ambiance sereine, hommes, femmes, enfants en poussettes et personnes âgées se sont ébranlées pour un tour de la ville qui aura duré plus de cinq heures.

Cache-cache avec les forces de l’ordre.

Depuis l’arrêté préfectoral, les gilets jaunes ont décidé de changer de stratégie concernant leur mode d’action. En effet, le parcours n’a été connu qu’une fois arrivé au point de rendez-vous. Les réseaux sociaux eux aussi ont été délaissés afin de ne pas se retrouver pris en tenailles par la police et les CRS.

Le parcours officiel prévoyait la remontée du boulevard Jean Jaurès, mais les manifestants ont bifurqué au dernier moment et sont allés stationner au-devant de l’hôtel de police où une dizaine de CRS en faction gardaient la grille baissée de l’entrée de l’immeuble. Après avoir entonné une Marseillaise, les gilets jaunes se sont assis pour « protester pacifiquement contre tous les abus, les bavures policières sur les gilets jaunes. Même les personnes qui traversent juste sur les passages piétons [on] cela leur est interdit. D’autre part, un manifestant [qui] a été arrêté – [on ne sait pas précisément pourquoi] – est là. La police devrait être là pour [nous] protéger [et non nous casser]. »

Durant le sit-in, les manifestants ont scandé « Macron démission ! »

Une longue déambulation à travers le centre historique

Si certains ont préféré rester devant l’hôtel de police, le plus gros de la troupe s’est ensuite dirigé vers la préfecture où une douzaine de camions de CRS les attendaient.

Après un arrêt aux arènes, où les motards ont rejoint le cortège, les gilets jaunes ont remonté le boulevard Victor Hugo jusqu’à la maison carrée, puis sont redescendus par les rues piétonnes, faisant de tours et des contours jusqu’à la place de la mairie, dans le plus grand calme, commerçants et clients continuant leurs emplettes sans aucun incident.

Malgré l’interdiction préfectorale, une personne a crié : « au rond-point du kilomètre delta ! » Appel qui a été repris en chœur par la foule, et tout le monde s’est mis en branle.

Arrivés sur place, les CRS étaient déjà au rond-point du périphérique de ville active, ainsi qu’au péage de l’autoroute. La circulation de trois axes routiers (venant de Margueritte, Montpellier, et Alès) a été bloquée. Quelques heurts se sont produits entre manifestants et CRS. Après une demande de dispersion non suivie d’effet, les forces de l’ordre se sont approchées et ont gazé les manifestants qui s’étaient réfugiés dans le parking du centre commercial. Un blessé léger est à déplorer, et une personne a brièvement été interpellée.

La poursuite du mouvement : une évidence pour les gilets jaunes

Il est souvent dit qu’un mouvement social s’arrête de lui-même au bout de sept semaines, dans le cas des gilets jaunes, tout laisse à penser que ce soit le contraire qui soit en train de se passer.

Quand la question est posée à un gilet jaune la réponse est sans ambages : « Comme mon grand-père me disait : monte marche par marche, sinon, tu vas te casser la gueule. Pour le moment, on avance doucement, mais sûrement. On est en train de se structurer, contrairement à ce que beaucoup de gens disent. »

D’ailleurs, lors de la réunion publique qui s’était tenue le jeudi 27, une boîte à idées avait été mise à disposition des personnes présentes.

Afin de montrer toute transparence, un gilet jaune indique que :« la boite va être dépouillée la semaine prochaine afin que tout le monde voie bien qu’on ne le fait pas dans le dos des gens, de façon à ce que les gens puissent entendre les idées qui y ont été déposées.

Réunion et dépouillage public à la salle de « l’eau bouillie » (93 chemin du Bois de Mittau – contre l’ancienne rte d’Alès) jeudi 3 janvier à 19 heures.