Chef de file du Parti communiste aux élections européennes, Ian Brossat était à Sète pour un meeting. Avec deux priorités : combattre l’indifférence, et mettre en place « une Europe des gens, pas une Europe de l’argent. »

Pour Ian Brossat, « l’Union européenne depuis des années c’est l’austérité et la concurrence, ce qui provoque de la régression sociale partout en Europe et notamment en France. »

Jp Vallespir : Quelle va être la difficulté de cette campagne ?

Ian Brossat : c’est une campagne dans laquelle nous aurons un ennemi, l’indifférence. Le problème des campagnes européennes c’est que souvent elles suscitent peu d’adhésion et beaucoup d’abstentions. Donc il va falloir faire reculer cette indifférence. Ça suppose d’expliquer une chose essentielle : c’est que beaucoup de choses se jouent au parlement européen, et des choses très concrètes. Si vous voulez que ça change en France dans votre vie quotidienne, il faut changer le rapport de force au parlement européen.

Jp Vallespir : ce qui se passe avec le mouvement des Gilets Jaunes, est-ce que çela peut vous aider pour cette campagne des élections européennes ?

Ian Brossat : Oui bien sûr que ça nous aide, ça aide tous ceux qui proposent des solutions progressistes. Je suis très heureux que la question sociale redevienne la question centrale en France. Et ça change évidemment la donne. J’ai discuté avec une mère de famille monoparentale avec trois enfants, impliquée dans le mouvement. Et avant que j’aie eu besoin de dire quoi que ce soit, c’est elle qui m’a parlé de l’impôt sur la fortune. Je crois qu’il y a un attachement à l’égalité dans notre pays, qui n’existe dans aucun autre pays du monde. Les gens sont révoltés par les inégalités. C’est une valeur, c’est une boussole pour les Français et c’est un appui formidable dans un mouvement comme celui-là.

La Méditerranée sera au cœur de la campagne des élections européennes

En amont du meeting, séances de travail : Ian Brossat, Marie-Pierre Vieu, Jean-Luc Bou, François Liberti, Nicolas Cossange et Nathan Level ont fait le point avec les salariés de l’usine Saipol, et avec des membres du collectif Sète terre d’accueil. La question de l’augmentation du SMIC, des retraites, et la question de l’impôt sur la fortune seront au coeur de cette campagne. Avec aussi la question de la crise migratoire qui se pose à l’échelle européenne. Jean-Luc Bou a mis l’accent sur ce problème en introduction au meeting de ce vendredi 7 décembre : « la Méditerranée sera au cœur de la campagne des élections européennes […] Le Parti Communiste continuera à porter haut et fort le principe de Fraternité. »

Marie-Pierre Vieu, la reconquête de la dignité

Le désaveu populaire de la politique d’Emmanuel Macron conforte Marie-Pierre Vieu dans l’idée d’une Europe solidaire au service des peuples : « nous sommes solidaires des Gilets Jaunes et de tous les gens qui luttent pour une répartition plus juste des richesses et pour retrouver une dignité humaine dans le travail, » a tenu à souligner la députée européenne.

Une vraie transformation de l’Union Européenne

Ce qui est important pour Ian Brossat, c’est de faire comprendre que les leaders du libéralisme européen ont un impact puissant sur les politiques nationales : « il n’y a pas d’un côté un débat politique français et de l’autre un débat politique européen […] ce qui nous fait souffrir en France comme en Europe, ce sont les politiques libérales […] Jean-Claude Juncker et Emmanuel Macron, c’est pareil. » Décidé à construire l’unité de la gauche, le chef de file du Parti communiste pour les élections européennes tient à opérer une vraie transformation de l’Union européenne.