La future loi d’orientation des mobilités (LOM), dont fait notamment partie le projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre Montpellier, Béziers et Perpignan, a été présentée lundi en conseil des ministres par Élisabeth Borne, ministre des Transports.

A propos de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan, le projet de loi indique que « les études se poursuivront en vue de l’engagement en premier lieu des travaux de la section Montpellier-Béziers à horizon de 10 ans et de la section Béziers-Perpignan à échéance de 20 ans. ».

Autrement dit, les premiers coups de pioche sur le tronçon Montpellier-Béziers n’interviendraient pas avant… 2028, au plus tôt. Un premier scénario à horizon 2023 était espéré, il n’en sera finalement rien. Pour la section Béziers-Perpignan, il faudra patienter 10 ans de plus, soit une liaison terminée pour 2050 ! Plus inquiétant encore, pas un mot sur l’enquête publique initialement prévue pour 2017, repoussée à 2018, pour finalement ne plus apparaître du tout dans la future loi.

« De qui se moque-t-on ? Ce n’est pas sérieux, l’État ne s’engage sur rien. Une fois de plus, il ne respecte pas sa parole ! » a réagi Robert Ménard. « On ne peut pas continuer de repousser sans cesse ce projet qui remonte à près de 30 ans ! Cela fait 18 ans que des territoires entiers sont gelés ; depuis 2007, on a dépensé 35 millions d’euros en études et 23 millions d’euros en acquisitions foncières… Ça suffit ! »

Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau, le confiait en février dernier : « il est extrêmement nécessaire de faire quelque chose », ajoutant que le réseau est « saturé », de l’avis même de l’Observatoire de la saturation, mis en place par… le gouvernement.

Les atermoiements de l’État sont d’autant plus incompréhensibles que, pour ce qui est du tronçon Montpellier-Béziers, le dossier fait consensus. Région, départements, agglomérations, communes et même les services de l’État : tout le monde est d’accord sur le tracé, les gares – dont la gare centre à Béziers –, le phasage, le financement, etc. Pour Robert Ménard, « le dossier est prêt, il suffit de le sortir du placard ». Ce que l’État ne semble pas décidé à faire.

Unies derrière le projet de ligne nouvelle Montpellier-Perpignan, l’incompréhension de l’ensemble des collectivités locales est d’autant plus grande qu’en revanche, la réalisation et le financement de certaines opérations du Grand Paris semblent bénéficier d’une « étonnante » célérité.

Pour rappel, le projet de LGV Montpellier-Perpignan est doublement prioritaire puisqu’il permettra :

  • de dégager de nouvelles capacités pour tous les types de trafic (voyageur et fret) ;
  • d’améliorer la régularité et la fiabilité des TER, qui circulent sur le même tracé depuis le XIXe siècle !

Si la volonté du gouvernement est vraiment d’améliorer la mobilité du quotidien et de faire entrer la France dans la transition écologique, qu’il le démontre ! Et qu’il s’engage, enfin !

Ville de Béziers