Des milliers de citoyens, environ 100 000 selon les organisateurs ont manifesté le samedi 13 octobre dans toute la France au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. L’association transpartisane, « Les Jeunes Européens Montpellier » était présente avec ses adhérents, qui ont complété cette action dans la soirée, par un café débat : “L’Europe face à l’urgence climatique.”

Pour l’occasion, ils avaient invité le professeur de l’université de Copenhague John Roy Porter, l’avocat Maxime Arnaud Buchard et deux députés LREM : Olivier Véran et Coralie Dubost. Deux personnalités de la majorité, qui oeuvrent au coeur de l’action politique, un choix judicieux, quand on sait que dans l’après-midi, lors de la marche pour le climat était scandé : « changer le système, pas le climat. »  Ceux qui font la majorité possèdent de fait, avec leur mandat, les meilleurs atouts pour changer le système.

Le pouvoir est entre les mains du consommateur

Débat, explications, questions, les jeunes adhérents de l’association n’ont pas failli à leur rôle de citoyens engagés. Cash, ils ont posé la question du vote sur le glyphosate. Directe, Coralie Dubost assume son choix et affirme : « si l’on va plus loin aujourd’hui, on braque les agriculteurs, on braque l’Europe. La transition, il faut la faire avec eux » ; et elle semble plutôt satisfaite : « on a eu une bonne marge de progression, au départ les accords étaient de stopper dans les 15 ans. On est passé à 5 ans pour arriver enfin à 3. » Quoi qu’il en soit, pour la députée de l’Hérault, il est urgent de sortir tous les produits dangereux du modèle agricole. Olivier Véran ajoute : « comme nous l’avons fait pour les néonicotinoïdes « tueurs d’abeille », qui sont interdits depuis le 1er septembre. » Pédagogie aussi, Coralie Dubost explique l’objectif lancé à l’Élysée, le 9 octobre dernier par Emmanuel Macron : une start-up d’État, pour s’engager contre le glyphosate et sortir avant les 3 ans. L’idée : les agriculteurs mettent la pression et créent la traçabilité du sans-glyphosate.

Une conviction, pour Olivier Véran, député de l’Isère : « on est en train de vivre un changement, une révolution : elle est à l’échelle citoyenne. » Pour lui, déjà dans les foyers, l’usage des pesticides est proscrit spontanément, exemple : plus de Roundup dans les jardins des particuliers. Le pouvoir est entre les mains du consommateur. Le député isérois connait son sujet : les lobbies, la bouffe et la malbouffe. Il a perdu une première bataille avec l’étiquetage nutri-score, le système cinq couleurs. L’Assemblée nationale a refusé d’inscrire dans la loi, son usage comme obligatoire. En attendant sa prochaine bataille, c’est à coups de smartphones que les consommateurs informés scannent les denrées alimentaires, avec l’appli Yuka pour tenter de savoir ce qu’ils mangent.

« Le plus grand danger pour l’Europe, c’est qu’on ne l’aime pas. »

Après une marche pour le climat, on pouvait choisir de manger devant un programme télé comme Danse avec les Stars. À Montpellier, l’équipe des Jeunes Européens a préféré poursuivre et débattre : climat et avenir. Et à l’occasion, de ce weekend de rentrée, les sections du Sud, fidèles au : faire vivre le débat public pluraliste sur l’Europe, ont apporté et construit leurs propositions. Entre autres, pour eux « s’abstenir aux élections européennes nuit gravement à votre avenir et à celui de votre entourage, » un point de vue confirmé par Olivier Véran : « le plus grand danger pour l’Europe, c’est qu’on ne l’aime pas. »

Explications, Fanny Delcourt présidente, Jeunes Européens – Montpellier qui a animé cette soirée-débat :