Montpellier, le 23 septembre 2018. 

Nos organisations ont des champs de compétences différents, elles ne s’occupent pas des mêmes questions. Mais elles partagent une valeur fondamentale : pouvoir s’exprimer librement. Ce droit inclut donc la liberté d’expression sous toutes ses formes, dont le droit de pétition, sans que ceci souffre la moindre limitation en dehors des aspects légaux. Le fait de diffuser des idées qui ne sont pas celles de la Mairie de Montpellier n’entre donc pas en compte dans la limitation de cette liberté.

Ainsi, il n’est pas dans les pouvoirs d’une Mairie de tenter d’empêcher l’expression de ceux qui pourraient la contredire sur un point sensible, comme sur les autres. Il est également dans les devoirs d’une Mairie de permettre, de garantir même, l’exercice plein et entier, de cette liberté d’expression.

En effet, nous sommes amenés à protester vivement contre ce qui a pu se passer lors du dernier Antigone des Associations de Montpellier, le 9 septembre, à savoir :

  • faisant signer la pétition qui a recueilli 800 signatures pour demander à la Mairie de Montpellier qu’elle respecte la laïcité en sa loi fondatrice de 1905, la Libre Pensée a vu dès le matin sur son stand des représentants de la Mairie et de la police, exigeant que la pétition soit retirée, car son contenu ne convenait pas au Maire. La phrase exacte prononcée par ces personnes fut : « votre présence ici sous-entend un contrat moral avec la Mairie de Montpellier »
  • une personne, arborant un tee-shirt de soutien à la Palestine et souhaitant se rendre sur le stand de BDS Montpellier, s’est quant à elle tout simplement vue refuser l’accès à l’Antigone des associations avec en prime une fouille à corps.

Nous ne tolèrerons pas que Montpellier, réputée pour être une ville universitaire, de recherche, de liberté, de culture, de combat pour la défense des acquis sociaux et ouvriers, puisse s’illustrer, comme ce fut le cas lors du dernier Antigone des associations, comme une ville qui ne respecterait pas ce droit.

Nous décidons donc de demander une audience à la Mairie de Montpellier, pour que la liberté d’expression et de pétition, soit garantie et que ne se reproduise plus jamais ce qui a pu se passer dimanche dernier.

Premiers signataires :

Associations : Fédération Unie de la Libre Pensée, Ligue des Droits de l’Homme Montpellier, Campagne BDS France Montpellier, CCIPPP34 , association « la Carmagnole »
Syndicats : FSU 34, Unef, UCR-FO 34
Partis : Ensemble ! Npa 34, PG 34, fédération de l’Hérault des Radicaux de Gauche, CGA34, POI34, les groupes d’action de la France Insoumise : « Culture-Éducation », Gare-Méditerranée -Strasbourg , Aiguelongue-Boutonnet n°1, Aiguelongue – Boutonnet bis, Jeunes insoumis.es de Montpellier
Élus : Muriel Ressiguier, (Députée de l’Hérault, France Insoumise), Virginie Rozière (co Présidente des Radicaux de Gauche, Députée Européenne)