Les écologistes du groupe montpelliérain d’EELV ont présenté, ce lundi soir, les résultats de leur consultation : « Faut-il supprimer les TGV en gare St-Roch ? Pour ou contre ? »

Avec près de 800 réponses et 400 commentaires, cette « consultation » était un bon moyen, pour le groupe Europe Écologie – Les Verts d’avancer et de partager sur le « fiasco » et le « danger », selon leurs mots, que représente la nouvelle gare Montpellier Sud de France.

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Si le public a semblé conquis toute la soirée, tous n’avaient pas pour autant compris pourquoi … c’est que le « dossier » est complexe et éminemment politique.

Initié par l’ancien maire de Montpellier, Georges Frêche puis conforté tant bien que mal par les majorités municipales et régionales successives – bien que dénoncé depuis 2008 par la Cour des comptes et une grande partie de l’opposition municipale et métropolitaine -, le projet est passé par bien des mains avant de se concrétiser il y a seulement quelques mois et d’être visité, à défaut d’inauguration, par le Maire-Président de Montpellier, Philippe Saurel.

Un engrenage qui aurait dû être arrêté dès le début du mandat de Philippe Saurel, pour les écologistes il aurait suffi d’assumer les pénalités. Trois à quatre millions d’euros selon les écologistes, qui auraient pu être assumés ce qui aurait évité ce fiasco prévisible.

À ce jour, la nouvelle gare Montpellier Sud de France a coûté la bagatelle de 135 M€ pour un trafic ne dépassant pas les 8 trains quotidiens. Elle encaisserait ainsi annuellement près de trois millions de pertes…

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« Ils vont supprimer les TGV en gare St-Roch ? » a bruissé plus d’une fois dans l’assemblée.

C’est que les écologistes avaient déjà pris l’opinion à partie, dans une lettre ouverte à la Ministre des Transports et par un rassemblement le jour même sur les répercussions de la nouvelle gare sur la gare historique du centre-ville : « Les erreurs du passé qui conduisent aujourd’hui au fiasco de la nouvelle gare Sud de France ne peuvent, en aucun cas, justifier demain une réduction de l’offre TGV en gare Saint-Roch et une dégradation de l’accès au TGV pour les Montpelliérains. »

Les militants écologistes demandent que la gare TGV soit « fermée » ou « tourne au ralenti » en attendant la réalisation de la ligne Montpellier-Perpignan.

« La fermeture », c’est la position défendue par Christian Dupraz, Vice-président de la commission Transports et Infrastructures de la région Occitanie. Pour l’élu régional, le constat est simple la loi impose aux gares l’équilibre dans leurs frais de fonctionnement, ainsi si l’on enlève des trains à la gare Saint-Roch, comme cela a pu être défendu, pour remplir la nouvelle gare Sud-de-France, c’est au final la région qui va payer plus cher ses TER, pour équilibrer les comptes de la gare centrale (par l’augmentation du « toucher de gare »).

Pour Christian Dupraz, la Ville n’avait tout simplement pas les moyens d’avoir une nouvelle gare. C’est pour cette raison que la nouvelle majorité régionale a essayé de freiner dès le début de son mandat, puis a décidé de ne pas payer les 26 millions qui sont encore à sa charge. Même si « la région finira sûrement par payer » confesse-t-il.

Pour toutes ses raisons, le Vice-président de la commission Transports et Infrastructures est catégorique : « Je demande la fermeture de cette gare« .

Jean-Louis Roumégas, ancien député écologiste de l’Hérault, a quand à lui, défendu une solution moins tranchée « il faut maintenir l’offre de transport de la gare de Saint-Roch et éviter une fuite en avant, on ne va pas léser les usagers de la gare et les usagers des transports en commun. Cette gare doit tourner au ralenti pendant les 20-25 ans à venir », notamment « le temps construire la ligne Montpellier-Perpignan »,« afin de ne pas baisser l’offre de service de la gare Saint-Roch ».

Son leitmotiv est simple, il faut éviter une fuite en avant : « on était dans un projet inutile on est tombé dans un projet absurde, il ne faut pas aller plus loin« .

Il faut bien se l’avouer le groupe montpelliérain d’EELV a fait de la nouvelle gare montpelliéraine son futur ticket pour les municipales : « On ne va pas lâcher, il y a des élections municipales qui viennent. »

Pour s’en convaincre la dernière vidéo mise en ligne par le groupe donne le ton : « Vous avez entendu parler du plus gros fiasco de la SNCF de ces 10 dernières années ? c’est à #Montpellier que ça se passe : à regarder jusqu’au bout »

La vidéo, propre et claire, explique en un peu plus de trois minutes les arguments rodés pendant l’été par les écologistes contre la nouvelle gare Montpellier Sud de France, des positions, bien évidemment, peu partagées par la majorité municipale ou métropolitaine.

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À présent le groupe montpelliérain d’EELV souhaite « élargir ce combat avec  quelque chose de plus large » pour protéger les trains de la gare Saint Roch.