Dans le cadre du focus Québec du festival international du documentaire Lasalle en Cévennes, Jean-François Lesage est venu présenter son quatrième long métrage « La rivière cachée ». 

Ce film est une sorte de long poème, filmé au bord d’une très belle rivière sauvage et transparente où les gens viennent se baigner, en Gaspésie à 10h de route de Montréal. Elle ressemble un peu à une rivière cévenole. Ce cadre serein est propice aux confidences que Jean-François Lesage filme sous forme de « tranches de vie ».

« Mon matériau c’est le réel, de vraies personnes, de vrais lieux […] et ensuite je construis un univers autour de cela, grâce à l’étalonnage, les couleurs, les musiques, le montage. » Pour créer un monde assez dense et atmosphérique. Jean-François Lesage creuse sa méthode de film en film : il crée une atmosphère. Ses influences changent d’un film à l’autre, mais c’est l’Asie qui l’attire, le cinéma chinois, taïwanais, les idées philosophiques asiatiques, le taoïsme : la contemplation de la nature, avec du vide dans le cadre comme dans les peintures chinoises.

« Les gens sont acteurs de leur propre vie »

Jean-François Lesage a passé 40 jours de 15h à 20h (afin de profiter de la lumière du soir) au bord de cette rivière et a cherché à filmer ceux qui viennent au bord : un mélange de touristes et d’habitants des alentours. « Dans tous mes films, il y a d’abord un lieu et ensuite les gens qui le fréquentent. »

« Je cherche trois choses : la qualité de la présence – les confidences, l’intimité…ce n’est pas tellement ce qui est dit, mais comment on se le dit – la qualité de lumière – le soir, la nuit – la qualité d’atmosphère – le vent qui souffle dans les cheveux, les petites choses imprévisibles.« 

« La rivière cachée » n’est pas sensationnaliste, il n’y a pas un axe dramatique traditionnel ou de récit classique, les gens qui sont filmés n’ont pas une histoire particulière. « C’est le pari qu’on pourrait faire un film sur n’importe qui. J’aime comment les gens sont acteurs de leur propre vie.« 

Jean-François Lesage pose son regard poétique sur un lieu et sur les « personnages » qui le fréquentent. « La rivière cachée » est faite pour être vue sur un écran de cinéma afin de se retrouver immergé dans son atmosphère. On en ressort allégé, comme si l’on avait nagé dans ses eaux claires et que l’on s’était prélassé sur ses berges, le cœur joyeux des rencontres filmées.

Ce film va sortir en salle au Québec le 25 mai. Pour l’Europe, l’objectif est de le montrer dans les festivals en fonction des sélections. Lasalle est une première Française, mais le film a déjà été montré à Montréal au festival RIDM (Rencontres internationales du documentaire de Montréal) et en Suisse à « Vision du réel » à Nyon.

Bande annonce :

LA RIVIÈRE CACHÉE, un film de Jean-François Lesage – Extrait from Les Films du 3 mars on Vimeo.