Concordance des temps : les clubs jacobins préfiguration de La France insoumise ?

Samedi 4 novembre, une permanence parlementaire était inaugurée sur la deuxième circonscription du Gard (Vidourle-Petite Camargue), en présence de René Revol, député suppléant de l’Hérault (France insoumise), Danielle Floutier et Benoît Ode, l’occasion pour René Revol de tisser un intéressant parallèle entre les clubs jacobins de la Révolution française et le mouvement La France insoumise …

Qu’est-ce que les clubs jacobins ?

Ce sont des créations spontanées de la Révolution de 1789, créations locales de citoyens voulant prendre place dans la Révolution, avec leurs propres fonctionnements, adaptés au contexte local. Cette apparition de club en réseaux, avec un lien plus idéologique que concret avec la « Société des amis de la Constitution » devenu après l’effondrement de la monarchie constitutionnelle en 1792, « Société des amis de la Liberté et de l’Égalité » est une nouveauté de la Révolution. Tout au long de la Révolution, les clubs jacobins sont particulièrement nombreux dans le Sud-Est du fait d’une forte tradition de sociabilité associative. On en compte 90 en 1790 et 434 en juillet 1791. Enfin, en 1793, des clubs jacobins existaient dans 1 500 villes de France.

Et le jacobinisme dans tout ça ?

C’est une doctrine originellement ouverte, devenue avec le temps, un épouvantail que l’on agite lorsque l’esprit est trop rare et que l’on veut mettre fin à une conversation qui pousse à la modération. Elle est ainsi souvent caricaturée comme le vœu d’une centralisation forte de l’État. Et il est de bon ton de dénoncer les Jacobins et les Montagnards des années révolutionnaires, caricaturés comme des défenseurs acharnés d’une centralisation déshumanisée, en les opposant aux Girondins, fédéralistes soucieux des libertés locales. Et évidemment lorsque l’on parle d’Histoire, la réalité est toujours un peu plus complexe. Sans rentrer dans les détails, la doctrine jacobine défendait avant tout la souveraineté populaire et l’indivisibilité de la République française, la centralisation n’étant qu’un symptôme pré-révolutionnaire, un cadeau des derniers feux de la monarchie…