Mis à jour le 08/09/2017 à 18h00

Alors que les ordonnances sont connues depuis le 31 août, et que les félicitations pleuvent tant de la part du ministre allemand des Affaires étrangère (invité au dernier Conseil des ministres), que du côté du Medef, pour lequel c’est une « étape importante et intéressante », ou de l’U2P, dont le Président se dit « satisfait d’avoir été entendu sur la quasi-totalité des points » ; qu’en sera-t-il de la mobilisation du 12 septembre ?

Du côté des syndicats de salariés, les réactions sont dans l’ensemble négatives sur les ordonnances réformant le Code du travail.

Ainsi, ce matin, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, invité de la matinale politique de France info, estimait encore que les ordonnances vont : « libéraliser le droit du travail pour donner plus de pouvoirs aux chefs d’entreprise et moins de droits aux salariés ».

La CFDT, en la personne de Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe estimait hier sur France info que le projet présenté est dangereux pour les salariés des TPE et des PME : « Le gouvernement dit aux patrons de petites entreprises : faites ce que vous voulez. Or, le patron ne va pas négocier avec les salariés, il fera ce qu’il veut, il pourra prendre des décisions unilatérales. Les salariés sont dans un lien de subordination donc le rapport de force est très mauvais. Dans les faits, le salarié qui lèvera la main, prend des risques pour son emploi ». Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT a pour autant indiqué que son syndicat ne participera pas à la mobilisation du 12 septembre.

La CFE-CGC, le syndicat de l’encadrement, a aussi vivement réagi, mais bien qu’opposée à la réforme, ne sera pas non plus présent, le 12 septembre. « Manifester n’est pas trop dans nos gènes » avait ainsi déclaré Alain Giffard, son secrétaire général, dans les journaux régionaux de l’Est de la France.

Plus étonnant, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, l’opposant acharné à la loi El Khomri, joue aujourd’hui une tout autre partition. « Il y a ce qu’on a évité, comme négocier sans syndicat dans les entreprises de plus de 300 salariés, et il reste des points de désaccord », affirmait-il hier.

Alors, qui sera présent le 12 septembre dans la rue ?

La CGT, Solidaires et FSU seront en tête de cortège pour manifester contre la réforme du Code du Travail. Philippe Martinez appelle notamment « les travailleurs, les retraités et les jeunes à aller dans la rue le 12 septembre ».

La France insoumise sera présente le 12 septembre pour « lutter » aux côtés des salariés.

François Kalfon, socialiste et conseiller régional a confirmé que le « PS sera le 12 septembre aux côtés des salariés ».

EELV appelle « à la mobilisation sociale le 12 septembre, partout en France, contre la loi dite « travail »».

Le groupe Communiste, républicain et citoyen (GRC) au Sénat sera « présent le 12 septembre aux côtés des salariés mobilisés contre ce projet de casse du Code du Travail. »

Du côté du syndicat FO, les choses se compliquent, son secrétaire général Jean-Claude Mailly a indiqué le 30 août, que la direction du syndicat ne manifestera pas le 12 septembre. Mais la décision a été rejetée par certaines sections locales, qualifiées par le leader syndical de « grognons râleurs », 15 structures territoriales auraient déjà décidé de rejoindre les manifestations. Il en est autrement au niveau régional.

En Occitanie, les UD FO sont partagés concernant les manifestations de mardi 12 septembre.

Les UDFO de l’Ariège (09), de l’Aude (11), de la Haute-Garonne (31), de l’Hérault (34), du Lot (46), de la Lozère (48), des Hautes-Pyrénées (65), des Pyrénées-Orientales (66), du Tarn (81) et du Tarn-et-Garonne (82) n’y seront pas, explications :

Le secrétaire général de l’UD FO de l’Aude (11), Marc Adiveze, dit attendre la position de la commission exécutive de FO du 4 septembre 2017, sur laquelle il s’alignera, pour savoir si l’UD FO se joindra à la manifestation du 12 septembre. Même son de cloche du côté du secrétaire général d’Emmanuel Dumas de l’Aveyron (12), qui rappelle, l’opposition de FO sur les ordonnances, mais aussi que le 12 septembre n’est qu’un jour de manifestation comme les autres.

Du côté de l’UD FO du Lot (46), Patrick Delfau estime plus laconiquement, « nous soutenons la position de Jean-Claude Mailly ».

Pour l’UD FO des Hautes-Pyrénées (65) et Gérard Omer son secrétaire général, on « ne participera pas au mouvement du 12 septembre », il poursuit, c’est « le contenu qui nous intéresse », « on a réussi à faire passer une grande majorité de nos revendications ». « On ne manifestera pas pour le plaisir de manifester » et « le contenu des ordonnances est en cours d’analyse fine », il faut aller « au-delà de la communication et des effets d’annonces », « pas du style à crier avant d’avoir mal », « c’est le contenu qui compte ».

Enfin, pour Eliane Teyssié de l’UD FO du Tarn-et-Garonne (82), « le Bureau n’est qu’une orientation », rappelant notamment que la commission exécutive qui se tient lundi 4 septembre est décisionnaire, « la base fait remonter », « le résultat dépend de la base », l’UD suivra les orientations nationales, mais a toujours été contre la Loi Travail, « si on ne part pas aujourd’hui, cela ne veut pas dire qu’on ne partira pas demain ». Avec confirmation le 5 septembre : « Force Ouvrière 82 ne manifestera pas le 12 septembre, ce qui ne veut pas dire que nous ne manifesterons pas plus tard, mais vraisemblablement on fera le choix d’un préavis interprofessionnel et peut être illimité. »

Les UD FO de l’Aveyron (12), du Gard (30), du Gers (32) et des Pyrénées-Orientales (66), y seront…, explications :

« Le Bureau de l’UD FO du Gard considère qu’il est immédiatement nécessaire de préparer les conditions de la mobilisation pour obtenir le retrait des ordonnances et des mesures d’austérité prises ces derniers mois. C’est pourquoi l’UD FO du Gard appelle à la grève et à la manifestation départementale le 12 septembre prochain sur ses revendications et appelle tous ses syndicats à mobiliser les salariés en ce sens. »

« Suite à la publication des ordonnances sur le code du travail, la  CE de  l’UD  Force Ouvrière  du  Gers, constate que nombre d’éléments  constituent  aujourd’hui une régression sociale et sont, en tant que tels, inacceptables. Pour ces raisons, l’Union  Départementale FO du Gers se joint à l ‘Intersyndicale gersoise et sera de tous les combats, comme elle l’a  fait contre la Loi El Khomri. »

Concernant l’UD FO des Pyrénées-Orientales (66) et Jérôme Capdevielle, son secrétaire général, interrogé par nos soins, le 1er septembre 2017, expliquait que la manifestation du 12 septembre a été « décidé seul par la CGT », les ordonnances « doivent être analysé avec beaucoup d’attentions », mais « il y a des zones sur lesquels l’on ait inquiet ». « On peut avoir un avis négatif sur la mesure et regarder sur le terrain un effet très mineur ». « Si la sécurité est annoncée, l’équilibre viendra par la suite », il faut « regarder les choses de manière générale ». Cela n’a pas empêché, l’UD FO de communiqué le 5 septembre 2017 que : « La Commission Exécutive de l’Union Départementale FO des Pyrénées-Orientales a décidé à l’unanimité d’appeler l’ensemble de ses syndicats à se mobiliser le 12 septembre prochain »

Pourtant certaines mesures crispent partis politiques et syndicats

Notamment le plafonnement des indemnités prud’homales : de 3 mois de salaire pour deux ans d’ancienneté à 20 mois de salaire pour 30 ans d’ancienneté, la fusion des instances représentatives du personnel, le raccourcissement des délais de recours aux prud’hommes de 2 à 1 an, ou encore l’inversion de la hiérarchie des normes.

Ces positions évolueront peut-être au cours des prochains jours… Suivez lemouvement.info pour en être informé en premier.