École élémentaire Louise Michel
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Le dernier budget du quinquennat pour la mission enseignement scolaire reste dans  la ligne idéologique libérale portée par le gouvernement.

Certes il augmente de 2,49% pour atteindre 55 milliards mais sans pour autant  répondre aux besoins réels de l’école.

Ainsi, les AESH sont maintenus dans la précarité malgré la nouvelle grille salariale.  Les salaires perçus permettent à peine de survivre, car beaucoup d’AESH sont à temps partiel subi.

Et les 4 000 ETP supplémentaires en 2022 restent bien insuffisants, et vous le savez, face aux besoins réels.

En effet, 15 000 enfants étaient privés d’AESH à la rentrée 2021, dont 1 000 sans  aucune solution de scolarisation.

La généralisation des PIAL visant à mutualiser les AESH pour économiser des postes  face à l’augmentation importante des notifications MDPH a par ailleurs contribué à  dégrader leurs conditions de travail. Ils sont amenés à accompagner plusieurs élèves  en même temps, dans des établissements différents.

Par ailleurs, malgré les demandes répétées et les besoins plus qu’avérés, le manque  de médecins scolaires n’est pas comblé. Au contraire, on en compte 53 de moins.

La difficulté à recruter des médecins scolaires est en partie due au salaire et à la prise  en charge d’un nombre très important d’élèves, pouvant aller jusqu’à 46 000 élèves  pour un médecin.

D’autre part, alors que vous annonciez une “revalorisation historique” du salaire des  enseignants, ces derniers devront encore prendre leur mal en patience. En effet,  lorsque l’on regarde dans le détail le budget de 700 millions que vous annoncez pour  ce poste, on s’aperçoit que seulement 260 millions iront concrètement à la  revalorisation du salaire des enseignants.

A ce jour, selon l’OCDE, la France est toujours à la traîne par rapport aux autres pays  avec un salaire inférieur de 7 % pour les enseignants en début de carrière et de 18 %  pour ceux ayant entre 10 et 15 ans d’ancienneté. Nous sommes encore bien loin de  l’objectif que vous annonciez après le Grenelle de l’éducation “de rejoindre le peloton  de tête des pays de l’OCDE”. 

Par ailleurs, vous persistez dans la réforme du bac alors que l’instauration du contrôle  continu a créé une inégalité entre les élèves, détenteurs d’un diplôme qui n’aura  désormais plus la même valeur selon l’établissement dans lequel il sera obtenu.

En outre, vous continuez de fermer les lycées professionnels offrant un apprentissage  par voie scolaire et vous supprimez également des postes d’enseignants. Ainsi, en 4  ans 34 établissements ont fermé.

Vous semblez penser que les lycées professionnels peuvent être peu à peu remplacés  par les filières de l’apprentissage, or les deux doivent être préservés et renforcés, car  ils répondent à des besoins différents et ne doivent pas être mis en concurrence.

Nous retrouvons là votre vision de l’éducation qui se résume trop souvent à  l’employabilité, à l’œuvre également dans l’enseignement supérieur. Vous l’avez  d’ailleurs actée lors de l’organisation de la première “université école-entreprise”, en  partenariat avec Véolia.

Cette année encore, les cadeaux à l’école privée se poursuivent, alors que vous  reconnaissez vous-même que les flux vers le privé se sont arrêtés. Les crédits alloués  au privé, que ce soit au pré élémentaire, à l’élémentaire, au collège ou au lycée,  augmentent plus que ceux du public.

Votre logique de suppression de postes se retrouve aussi dans le 2nd degré, où ce  sont 1 354 postes qui disparaissent, alors que les effectifs devraient augmenter de 23  900 élèves.

Au milieu de tout ça, il semble y avoir un îlot préservé dans l’école républicaine : l’école  élémentaire. Là, vous créez 1 369 postes et vous dédoublez les classes, ce qui est  une bonne chose.

Mais cet îlot n’est qu’un leurre destiné à masquer tout le reste. Vous allez d’ailleurs  l’anéantir lui aussi, avec en préambule l’expérimentation à Marseille. Avec celle-ci en  effet, un directeur d’école aura notamment la possibilité de recruter lui-même les  équipes pédagogiques, titulaires ou non.

Ce qui se joue avec cette expérimentation, c’est la fin du mode d’affectation actuel des  enseignants et à travers lui du lien entre le concours et le poste.

En somme, c’est le statut de fonctionnaire des enseignants qui est attaqué. En effet,  si cette expérimentation était généralisée, les écoles publiques fonctionneraient alors  comme les écoles privées sous contrat, objectif que vous n’assumez pas pour l’instant.

A la fin du quinquennat, vous aurez abîmé dangereusement l’école publique  républicaine, en occultant sa mission émancipatrice et en renforçant le déterminisme  social.

C’est pourquoi nous voterons contre les crédits de la mission enseignement scolaire.

Muriel Ressiguier,
Députée de la 2
ème circonscription de l’Hérault.

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