Les étudiants manifestent à Montpellier, le 4 février 2021 (© AM)
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Ancien membre du Bureau national de l’UNEF de 1998 à 2001, j’ai commencé à militer à Montpellier dans le cadre de l’UNEF dite « SE » (solidarité étudiante), puis à l’UNEF ID (indépendante et démocratique) et enfin à l’UNEF réunifiée après la fusion des deux structures en juin 2001.

Militant syndicaliste aujourd’hui sur les universités de Montpellier, sans renoncer à certaines critiques sur les positions de l’UNEF au cours des deux dernières décennies, je revendique fièrement les années passées à organiser le combat en défense des étudiants et l’unité avec les syndicats ouvriers. Je tiens à apporter tout mon soutien à l’UNEF face aux attaques de toute part contre l’organisation qui a accueilli des générations de jeunes militants.

En effet, on peut être en désaccord avec certaines orientations de l’UNEF comme ce fut mon cas, avec de nombreux autres militants, lors de la réforme LMD (le « Maastricht des universités » comme le disait Jack Lang à l’époque) ou au moment de la LRU, où Bruno Juliard, président de l’époque de cette organisation étudiante, et Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur, co rédigeaient ensemble cette réforme. Mais l’UNEF, ce fut aussi et surtout le combat pour la défense des CROUS, contre les dictatures, pour la solidarité internationale, contre la guerre du Viet Nam et d’Algérie, ce fut aussi l’action déterminante dans la grève générale de 68 aux côtés des ouvriers…

Quoi qu’on puisse penser par ailleurs des formes de réunions internes, les organisations sont libres de fonctionner comme elles l’entendent. Ce n’est pas à l’appareil d’Etat de s’immiscer dans le fonctionnement des organisations, surtout avec le bilan honteux de la politique actuelle du gouvernement auprès des étudiants.

Oui, tout cela est honteux !

Honteux que la droite, l’extrême droite mais également certains à gauche, puissent ainsi attaquer cette organisation et lancer des polémiques au moment où les étudiants sont en grande souffrance et en danger !

Honteux que le maire de la ville de Montpellier, qui a pu faire sa carrière en partie grâce à l’UNEF, vienne maintenant affirmer « l’Unef s’égare dangereusement », emboitant encore une fois le pas au gouvernement !

Honteux que Jean Michel Blanquer puisse utiliser un terme aussi brutal et calomnieux que « fascisme » en direction de l’UNEF, sans doute pour faire oublier son impopularité auprès des enseignants et les déboires du « syndicat » acquis à sa cause, « Avenir Lycéen ».

Honteux que les étudiants, qui subissent un confinement de fait, privés de leur liberté, de leurs campus, qui ont recours à l’aide alimentaire, massivement en décrochage, voient l’une de leur organisation montrée ainsi du doigt et jetée en pâture à la vindicte.

Honteux de voir cette classe politique accrochée aux institutions, lancer des campagnes contre la jeunesse et ses aspirations, en cherchant à diviser, à stigmatiser après avoir stigmatiser les universitaires à coup de fantasme sur l’« islamo-gauchisme », résonnant étrangement avec les slogans, cette fois-ci bien fascistes, de « judéo-bolchévisme ».

Honte à Vidal, dont 22 000 universitaires demandent le départ à juste titre, d’avoir engagé la polémique contre les universitaires et les chercheurs, puis contre l’UNEF Grenoble sur ce même terrain, tout en ayant justifié le confinement de fait des étudiants et fait passer en force la LPR, contre-réforme qui a réunie et réunie encore contre elle l’ensemble des personnels de la recherche.

Pour ces raisons, la défense inconditionnelle de l’UNEF est un devoir pour ceux qui l’ont construit un jour et un enjeu pour permettre le retour des étudiants sur leur campus dès maintenant. Les étudiants et la jeunesse s’appuieront toujours sur le meilleur de la tradition militante historique de l’UNEF pour leurs combats à venir.

Plus que jamais, les étudiants ont besoin de leur campus, d’en finir avec le distanciel si destructeur. Ce n’est pas du Covid que la jeunesse souffre, c’est de la politique de ce gouvernement !

A l’heure où des milliers d’étudiants sortent dans la rue pour exiger le retour sur leur campus et de pouvoir vivre, cette attaque sonne comme un aveu.

C’est pour ces raisons qu’il faut défendre l’UNEF sans condition.

Alban Desoutter

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